Démocratie participative : des ateliers d’initiatives citoyennes pour améliorer la commune

A Armentières, les ateliers de quartier sont devenus cette année des « ateliers d’initiatives citoyennes ». Plus qu’un changement de nom, ce sont de nouvelles responsabilités et une plus grande autonomie qui leur ont été accordées afin d’améliorer une instance qui fait déjà pleinement vivre la démocratie participative à Armentières.

Des ateliers de quartiers pour faire vivre la commune

Voilà plusieurs années que les ateliers de quartiers ont vu le jour à Armentières, une commune du Nord. Ils sont au nombre de quatre, précisément pour les quatre zones de la ville. Preuve de leur bon fonctionnement, le maire Bernard Haesebroeck n’hésite pas à mettre en avant leur travail important « Ces ateliers ont réalisé plus de cent réunions, toutes animées par un conseiller délégué mais où la liberté de parole est respectée. Un compte rendu de chaque réunion est réalisé ». Il détaille le fonctionnement de ces ateliers, qui se veulent garants de la démocratie participative : « ils sont composés de quatorze personnes : sept sont tirées au sort, sept sont choisies par la mairie parmi les associatifs, les commerçants, les représentants du quartier. » C’est bien évidemment sur la base du volontariat de chacun. Les ateliers se réunissent une fois par mois.
En 2015, pour parfaire ce système et dans une démarche de démocratie participative, un conseil citoyen est créé : « Ce conseil a été fort logiquement intégré au conseil local de concertation« , précise Bernard Haesebroeck. Il note une « belle assiduité, malgré quelques défaillances, comme des démissions pour telle ou telle raison. Le taux d’activité est supérieure à 70% ! »

Des projets citoyens pour valoriser la ville

L’élaboration de projets se fait en lien avec les services de la ville. Et des informations sont disponibles via ces ateliers : des gens qualifiés vont rapporter les demandes des habitants. Grâce à cette organisation, de nombreux projets voient le jour et chaque atelier y va de sa spécialité. « L’atelier du quartier frontalier à la Belgique a concrétisé un parcours historique sur les relations franco-belge. Ils organisent un tour du quartier renseigné selon un plan et son histoire » rapporte Bernard Haesebroeck .Tandis que « celui du centre a participé aux expositions, aux journées des patrimoine« . Ils ont aussi réalisé un reportage vidéo sur les problèmes de leur quartier où ils dénoncent, notamment, les incivilités : « Visuellement, c’était fort. Cette démarche a permis de solliciter un avis sur l’évolution du quartier. Ils m’ont relaté des choses négatives comme les pollutions visuelles, etc. On n’a pas le même regard donc c’est source de dialogue. »

Dans un cadre plus traditionnel, certains ont fait le choix de réaliser des diagnostics en organisant des marches. Une démarche toujours en lien étroit avec la mairie : « Très régulièrement, ils remontent des informations sur ce qui ne va pas dans leur quartier et sont mis en relation avec mon service proximité pour relater et suivre les dysfonctionnements ». Une méthode simple et efficace pour réagir rapidement face aux problèmes de ses administrés.

Une évolution en faveur de la démocratie participative

La réussite de ces ateliers ne les a pas empêchés de se questionner sur une évolution de leur structure, comme le confirme le maire d’Armentières : « Ils ont proposé lors du renouvellement, puisque ce sont des mandats de deux ans, de s’améliorer : Que faire pour motiver davantage de gens et palier l’absentéisme ? Ils ont aussi décider de changer leur dénomination pour éviter qu’on les confonde avec les comités de quartier« . La mairie a donc délibéré sur ces points cette année et leur a accordé une plus grande autonomie.
Les ateliers de quartiers sont ainsi devenus des « ateliers d’initiative citoyenne ». Une meilleure disposition est appliquée pour mieux gérer les exclusions ou les démissions. Il y a aussi « un nouveau système de tirage au sort pour combler les vides lorsqu’il y a des absences prolongées« . Des échanges inter-quartiers pour les projets sont désormais possibles. Pour une meilleure dynamique, le membre d’un atelier peut intervenir dans l’atelier d’un autre quartier.

Mais le changement est surtout financier : « Nous les avons doté d’un budget. Il est double en réalité : pour les projets dédiés, il y a un budget d’investissement à 20 000 euros mais il y a aussi un accès au droit commun. Si leur projet s’inscrit dans une stratégie municipale, par exemple pour les espaces verts, on ne confirme pas le crédit qui leur est dédié, on le fait rentrer dans le droit commun. Car dans ce cas, leur projet s’inscrit dans la stratégie communale. » C’est une évolution importante qui donne une responsabilité plus grande aux ateliers. Ils deviennent ainsi « force de proposition et maître d’œuvre ».

De nombreux projets, grâce à cette monture, vont voir le jour : en septembre 2018, les ateliers seront acteurs et promoteurs de projets pour l’année du vélo. Ils vont être aussi promoteur d’un forum des associations, d’un troc citoyen, d’un Repair Café, des tables citoyennes, etc.

La démocratie participative, le rouage essentiel d’une bonne politique communale

Pour Bernard Haesebroeck, la démocratie participative est essentielle : « Gérer une ville, c’est gérer pour des habitants. On ne fait pas des stratégies dans un bureau, dans une tour d’ivoire. On le fait pour des citoyens, pour leur cadre de vie, pour leur quotidien. C’est intéressant d’avoir le ressenti, la perception, la résonance de ceux qui vivent dans le quartier pour en établir une stratégie. C’est une concertation réelle, il y a ce qu’on veut, ce a quoi on aspire et de l’autre côté les utilisateurs de ces services, les bénéficiaires directs du cadre de vie. C’est une démarche décisive pour éclairer les décisions des élus, des décisions importantes comme le rôle des services municipaux. Ils donnent parfois des visions importantes, surtout en matière d’économie solidaire, citoyenne et éco-durable. Ils donnent aussi des idées qui sont intéressantes d’un point de vue des usagers, de l’occupation de l’espace, de l’usage des équipements qu’on met à disposition et qui, parfois, avec peu de moyens, peuvent avoir une utilité plus grande. C’est une réelle plus-value dans le processus de pilotage et de décisions de la commune. »
Il insiste sur l’importance de l’autonomie laissée aux ateliers qui a permis cette grande variété de projets. Pour Armentières, il n’y a pas eu de thématiques transversale ; les ateliers sont libres de choisir leurs propres thématiques : « Certains ont eu envie de mettre en valeur leur quartier parce qu’il le trouvait beau, d’autres ont privilégié un diagnostic avec des marches organisées. Je pense que c’est utile et intéressant de les voir concevoir eux-mêmes leur programme d’action. C’est déjà un ressenti. Je suis sur une logique d’autonomie et l’évolution que nous avons faite cette année va leur donner encore plus d’autonomie. »

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