Numérique : place aux femmes !

Cet article a été rédigé en partenariat avec Google.
Conformément à notre Charte, il reflète notre propre opinion sur le sujet.

Il n’est plus rare d’entendre parler de start-up nation, de smart city et de nouveaux usages hautement connectés pour réinventer la vie des citoyens. Nos habitudes et langages se sont faits à ces termes que les acteurs locaux et les collectivités s’approprient via des outils numériques qui n’existaient pas il y a quelques années. Derrière ces nouvelles façons de vivre, toute une économie grouille d’idées et de produits novateurs. Mais qui parle d’innovation ne parle pas forcément de nouvelles pratiques. Dans l’univers du numérique comme en politique, les femmes sont sous-représentées. Focus.

Une situation qui stagne depuis des années

Quand on s’intéresse au sujet de plus près, les données sont nombreuses et convergent toutes vers une idée commune : le numérique serait un secteur d’homme. Non pas dans la création de l’environnement mais dans son appropriation.

En effet, en 2017, seulement 12% des start-ups du secteur sont dirigées par des femmes*. Et quand on regarde d’un peu plus près, l’information n’est pas plus réjouissante puisque les salariées du même milieu représentent seulement 33% des effectifs*. A titre de comparaison, les femmes maires représentent 16% de l’ensemble des têtes d’exécutif en France alors que la part des femmes parmi les élus locaux est de 48% (source : Ministère de l’Intérieur). Dans un secteur « à la pointe », la reproduction des mêmes schémas genrés amène au questionnement : si la politique est faite « par et pour les hommes », l’absence des femmes dans le domaine numérique fait aussi peser des interrogations sur l’avenir que ce secteur, stratégique, est en train de construire.

Et surtout, contre toute attente, cet état de fait est relativement nouveau. En effet, entre les années 1950 et 1980, la part des femmes engagées dans ce que nous pourrions appeler « l’ancêtre du numérique » était bien plus importante. Guy Mamou-Mani, ancien vice-président du Conseil du Numérique, en témoigne : « A l’époque où je faisais mes études en informatique, il y a quarante ans, il y avait plus de femmes que d’hommes dans nos classes ». La micro-informatique et l’avènement de l’ordinateur personnel des années 80 auraient changé la donne, excluant petit à petit les femmes d’un monde numérique en fort développement.

Ce constat se fait également dans l’orientation des plus jeunes. Une étude Gender Scan menée entre 2010 et 2015 pointe une déperdition de près de 7 points des jeunes filles dans les filières scientifiques, ces dernières atteignant aujourd’hui péniblement les 18% des étudiant.e.s*. Une fois les études terminées, la représentation des femmes dans le domaine est tout aussi faible : elles sont 16% parmi les codeurs.euses, 13% dans les biotechnologies* et 11% dans le secteur logiciels et services informatiques*… Dans un domaine porteur pour l’économie et le futur de l’emploi, mobiliser les jeunes filles – souvent freinées par des croyances limitantes – dès l’école sur les sujets numérique est une nécessité, voire un concernement d’utilité publique.

Des solutions à mettre en place

Une fois le constat dressé, tous les acteurs s’accordent : les femmes doivent arriver massivement dans l’environnement numérique. Non seulement car elles représentent la moitié de la population mondiale, mais aussi car leurs expériences et leur vision permettront d’innover en faveur d’usages plus inclusifs et plus représentatifs de la population.

Ainsi, le 15 février dernier ont été présentées au siège de Google 25 propositions concrètes rédigées par 25 réseaux féminins pour favoriser l’égalité femmes/hommes dans le monde économique français. De nombreux axes en ressortent ; tels que la demande de pénalité auprès des entreprises qui ne respectent pas l’égalité, la mise en place des missions de contrôle en faveur de la parité, des propositions de loi contre le sexisme au travail, etc.

Parmi ces propositions, plusieurs ont attiré notre attention. Elles se rejoignent sur un terme : les rôles modèles.

Dans la formation ou dans les médias, les représentations des parcours au féminin manquent cruellement. SYNTEC, Social Builder, 100.000 entrepreneurs, Elles bougent et WIM sont autant de réseaux qui proposent de mettre en lumière des femmes ou des mentors qui réussissent afin que chacun.e puisse s’en inspirer dès le plus jeune âge.

Au-delà des propositions, certaines entités s’engagent en développant des politiques internes en faveur de la mixité et de la parité. L’accessibilité est au cœur du programme Google « Unconscious Bias @ Work » qui travaille à la prise de conscience des clichés inconscients ancrés en chacun comme l’explique Danielle Brown, Cheffe Diversité et Inclusion chez Google : « La science a démontré que nos cerveaux sont remplis de préjugés. Nous n’attendons pas que ces derniers disparaissent de chacun mais avons décidé de travailler sur ces stéréotypes en interne. Les études démontrent que quand nous avons en avons conscience, les choix fait deviennent plus objectifs. Ainsi, chez Google, nous avons formé 84% des managers et intégrons les nouveaux salariés aux workshops Unconscious Bias @ Work ».
Lors de sessions de 60 à 90 minutes, les auditeurs.trices sont amené.e.s à faire des jeux, à participer à des sessions collectives et à se remettre en question quant à leurs propres croyances limitantes. Pendant les exercices pratiques, de nombreux clichés refont logiquement surface : associer naturellement les femmes et la science est bien moins évident qu’il n’y paraît. Ces moments ludiques permettent à chacun de se rendre compte de l’éducation reçue et du poids des croyances sociales, qui impactent l’avenir des générations futures. Pour aller plus loin, Google s’est lancé dans un rapport interne remettant en question les pratiques de chacun mais surtout de l’entreprise dans sa globalité et en associant des solutions à mener afin de promouvoir la diversité et la mixité dans leurs rangs. (Voir le rapport)

Autre exemple à relever, le réseau StartHer propose aux collèges et lycées des interventions qui sensibilisent les étudiants à l’épineuse question de la mixité dans le secteur du numérique. Ces échanges permettent à l’association de proposer des moments de pédagogie auprès d’adolescents souvent inconscients de ces enjeux.

Les institutions actrices du changement

Quand nous interpellons Pascale Luciani-Boyer, élue à Saint-Maur-des-Fossés, entrepreneure et experte du numérique territorial sur ces sujets, elle nous apporte la même réponse : « il faut des modèles ».

Pour cette experte du sujet territoires, mixité et numérique, les enjeux de formation, de représentation et de visibilité doivent aussi être portés par les acteurs publics. « Le rôle modèle n’est pas seulement une question de personnes mais aussi d’exemplarité, précise-t-elle avant d’ajouter : « les élu.e.s peuvent s’engager sur ces sujets grâce à différents formats. Par exemple : mettre en lumière des femmes novatrices dans le secteur numérique : Ada Lovelace (inventeure du 1er programme informatique), Hedy Lamarr (à l’origine du WIFI et du GPS) et Grace Hoper (pionnière du code), ou encore porter la délégation numérique en tant que femme, faire intervenir des cheffes d’entreprises digitales locales… »

La liste des possibles est longue : territoire isolé ou très urbain, les solutions existent et sont aujourd’hui connues. Et les collectivités doivent agir dès aujourd’hui pour ne pas se laisser dépasser. « En s’appropriant les questions et en les portant de manière tout à fait paritaire, non seulement les territoires vont pouvoir en faire bénéficier les citoyens, mais en plus, la représentation, qui agit sur l’inconscient, pourra inspirer les plus jeunes » s’enthousiasme Pascale.

Des projets éducatifs ou périscolaires (TAP ou centres de loisirs), des expositions, des rencontres ou l’organisation des colloques (avec un plateau d’intervenants paritaire) peuvent donner du contenu à cette démarche. Quelques communes font témoigner celles qui se lancent dans l’aventure numérique devant les enfants. D’autres, ne pouvant s’approprier cet espace de parole, choisissent le bulletin municipal ou le site internet. « L’objectif est d’enrichir le territoire et ses citoyens. Innover en termes d’’‘outil numérique ne suffit pas, il faut aussi pouvoir inventer de nouvelles manières de faire » poursuit Pascale Luciani-Boyer. Et de fait, quel intérêt d’intégrer l’innovation à son offre de services, si les élu.e.s et les agent.e.s ne peuvent se réinventer ?

Numérique et parité est encore une équation à plusieurs inconnues : les rôles modèles ? L’encouragement ? Les codes ?

Quoi qu’il en soit, le secteur privé ne peut porter seul la volonté de mixité dans ce secteur. Les élu.e.s doivent aussi être en mesure de proposer une politique ambitieuse et volontaire en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans le numérique.

Formation, éducation, représentation : élu.e.s, à vous d’agir !

 

* Chiffres annoncés : Etudes de mars 2016 par l’Observatoire Paritaire et diffusé par SYNTEC Numérique, Rapport de l’Agence du Numérique 2015-2016, INSEE, Gender-scan, Starther KPMG

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