Un site internet qui relie associations et habitants : la bonne idée de la ville de Dunkerque

Les associations ont besoin de subventions et de volontaires pour continuer à exister. Face à la baisse du bénévolat, la commune de Dunkerque a décidé d’aider ses associations en créant une plate-forme internet qui permet de les mettre en relation avec des habitants bénévoles. Un moyen efficace de restaurer une connexion entre associations et citoyens et une nouvelle manière plus moderne d’aborder la vie associative.

Un projet qui s’inscrit dans une démarche de démocratie participative

La plate-forme « J’agis pour Dunkerque » n’est pas née ex nihilo, elle est le fruit d’un long travail mené auprès des associations et d’une volonté plus globale d’améliorer la démocratie participative. Diana Dequidt, adjointe à la mairie, évoque cette politique communale en trois grands axes: « Réfléchir avec les habitants et co-construire des projets, permettre aux habitants de décider en organisant plusieurs votations, et promouvoir le volontariat. C’est dans ce dernier cadre que la plate-forme a été créée avec le plan « Volontaires pour Dunkerque ». L’objectif était de permettre aux habitants qui le souhaitaient d’agir bénévolement et main dans la main avec la ville, sur des actions qui n’étaient pas aujourd’hui mises en œuvre au sein des associations, ni au sein des services mais qui étaient toutefois utiles. C’est, par exemple, la lecture à voix-haute en bibliothèque, le portage de livre à domicile, des visites aux personnes âgées isolées qui avaient été repérées par les services, etc. » Cela a été mis en place en fin 2016. « Ensuite, précise Diana Dequidt, comme les associations souffrent un peu à cause des baisses de dotations qui entraînent des baisses de subventions, on s’est dit qu’on pouvait faire preuve de plus de créativité. Donc on a renforcé le pôle de la vie associative au niveau de la ville de Dunkerque ; on a mis en place ensemble des « journées actions volontaires », en mai 2017 qui ont permis aux associations pendant une semaine d’ouvrir leur porte pour des chantiers très concrets aux habitants qui souhaitaient contribuer à leurs actions. » Ce fut le premier pas vers cette interaction avec les associations par le biais de la promotion du volontariat. Et c’est fin septembre 2017, que la plate-forme « J’agis pour Dunkerque » a été mise en ligne.

Photo Ville de Dunkerque

Une plateforme qui s’inspire des réseaux sociaux

Le principe est simple : « J’agis pour Dunkerque » permet aux associations et aux habitants qui en ont besoin, de pouvoir formuler une demande d’aide et d’être mis en relation avec des personnes qui pourraient venir les aider. Ces personnes, lorsqu’elles s’inscrivent sur le site, doivent indiquer leur disponibilités, leurs centres d’intérêts et leur lieu d’habitation. Le site est doté d’une géolocalisation qui permet de cibler les actions.

« Ce qui est vraiment bien, ajoute Diana Dequidt, c’est qu’on a des profils assez variés d’associations et d’habitants. Pour l’instant, on a 33 associations qui sont inscrites et 120 habitants avec des personnes et de missions très variées ». Depuis son lancement, la mairie est satisfaite de la nouvelle plate-forme. Son succès est en partie dû à la campagne de communication intense qui a été décidée en amont et qui continue de se prolonger : « On a utilisé tous les canaux possibles : l’affichage, le magazine municipale, Facebook, les radios, tous les médias qu’on avait à notre disposition. On a participé à des événements d’associations pour pouvoir leur en parler, on a essayé d’utiliser tous les médias qu’on connaissait, on est allé à l’université, etc. On est allé vers les habitants, là où ils se trouvaient. »

Le but est de réunir tout le monde car aucun profil n’est privilégié affirme Diana Dequidt : « on vise aussi bien des étudiants, que des retraités, que des personnes actives qui ont une demi-journée pendant les vacances. Chacun peut faire selon son temps et selon ses envies. Ainsi, on essaie de coller aux attentes dans les deux sens. »

Photo Ville de Dunkerque

Un bilan prometteur

La plate-forme est déjà efficace dans sa mission de mise en relation. L’adjointe à la mairie de Dunkerque nous en donne des exemples précis : « on a une étudiante qui a donné un coup de main à l’association Studio 43 qui gère notre cinéma local. Il organise des séances pour les personnes non-voyantes. Lors de ces séances, on accompagne les personnes pour les aider à s’installer. C’était sa première expérience de bénévolat et c’est aussi ça qu’on cherchait. » « J’agis pour Dunkerque » permet aux associations de s’adapter aux nouvelles formes de bénévolats, désormais plus ponctuels que les investissements plus traditionnels sur le long terme avec des prises de responsabilités. Cela permet aussi de faire découvrir le monde associatif à des personnes qui n’en connaisse pas encore les codes. C’est le cas pour : « une association à Dunkerque, les Blouses roses, qui cherche des bénévoles pour ses interventions auprès des personnes âgées dans les EHPAD, et qui organise ponctuellement d’autres opérations comme l’emballage de cadeaux. Cela permet de faire souffler les bénévoles qui s’investissent très régulièrement et qui passent ainsi la main à d’autres pour des interventions plus ponctuelles mais qui donnent un vrai coup de main à l’association en leur permettant de ne pas épuiser les bénévoles sur le long terme ».

Il existe deux autres communes qui se sont dotées d’une plate-forme afin de relier habitants et associations. Mais celle de Dunkerque est la seule à offrir aux habitants la possibilité de demander un coup de main, dans le but de renforcer l’entraide entre citoyen. « Bien sûr, on exclut le champ de la garde d’enfants, des métiers, etc. » rassure Diana Dequidt. Mais pour l’instant, cela n’a pas encore été suivi : « C’est là-dessus qu’on va essayer de s’améliorer. Toutes les associations ont bien compris que l’outil existait et elles en sont très contentes, et c’est désormais auprès des habitants qu’on va maintenant tisser des liens de bénévolat. »

Photo Ville de Dunkerque

Une initiative à recommander

Diana Dequidt est fière de cette plate-forme et recommande aux élus de suivre cet exemple : « C’est un très bon outil, cela permet d’offrir un appui aux associations qui est assez fédérateur. Ça ne compense pas la baisse des financements mais c’est quelque chose de relativement facile et relativement peu coûteux à mettre en place. C’est une aide réelle et concrète pour les associations mais aussi pour les habitants. Parfois certains arrivent dans une nouvelle ville et ont envie d’agir mais ne savent pas vers qui se tourner. Grâce à cette plate-forme, on leur donne un recensement de tout ce qui est possible de faire. »

Mais il ne faut pas oublier que c’est le fruit d’un long travail : «  Il faut bien préparer le cadre en amont. A chaque fois qu’on crée un site, il faut bien cadrer. On a fait une charte des bonnes pratiques, une sorte de règlement intérieur. Il faut le penser comme un processus long, mais une fois qu’il est lancé, c’est parti ! » Patrick Cordonnier, chargé de mission « Volontaires pour Dunkerque » détaille le budget : l’investissement pour la plate-forme est de 20 400 euros auquel s’ajoute 780 euros pour le certificat de sécurité sur 3 ans. Mais Diana Dequidt l’assure, le budget est largement compensé par l’impact positif de l’opération ! A condition de prendre conscience qu’il doit s’inscrire lui aussi dans la durée :  « Il faut des moyens pour faire vivre la plate-forme. Il ne faut pas imaginer qu’on lance le site et que c’est tout ». Pour « J’agis pour Dunkerque », le coût de fonctionnement est de 14 000 euros.

Le travail de présentation et de diffusion n’est pas à négliger non plus et il ne se résume pas à de la simple communication. Diana Dequidt prévient : « Il y a un vrai accompagnement à faire auprès des associations qui ne connaissent pas forcément Internet. On a eu des associations qui freinaient le projet des quatre fers en disant que ça allait être compliqué et puis qui se révèlent être finalement celles qui l’utilisent le plus aujourd’hui. » Et ce travail d’accompagnement n’est pas réservé qu’aux associations : « Il faut aussi accompagner les gens à l’inscription, ils ne comprennent pas forcément toujours tout. On est encore en train d’améliorer ces petites choses-là. Il faut bien le penser et se dire que la plate-forme demande de l’investissement pour vivre », conclut Diana Dequidt.

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