Mandat local : les 4 clés de la prise de parole en public

La prise de parole en public est la raison n°1 pour laquelle les élu.e.s s’inscrivent à notre formation sur la communication politique. C’est souvent un exercice complexe, qui se travaille au cas par cas de façon plus approfondie. Le point sur les lignes directrices à avoir en tête dans n’importe quelle situation.

Question n°1 : quels sont mes objectifs ?

Avant de vous donner quelques astuces pour avoir plus d’impact, la première question à vous poser est celle de vos objectifs.

Quels sont vos objectifs pour cette prise de parole ? Voulez-vous intervenir en conseil municipal ? En conseil de la majorité ? S’agit-il d’une prise de parole à l’occasion d’une inauguration ou d’une cérémonie officielle ? Allez-vous parler devant un large public de personnes qui ne vous connaissent pas, ou au contraire devant un nombre réduit de gens qui vous connaissent ?

Selon la situation et le contexte, vos objectifs peuvent être très différents – voire opposés.

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Vous pouvez avoir comme objectif de mettre vos idées en avant. Dans d’autres circonstances, vous avez certainement le rôle de vous effacer pour un hommage ou un moment de recueillement. Vous pouvez aussi vouloir marquer les esprits et que l’on se souvienne de vous.

On répond parfois oui à plusieurs des questions ci-dessus. Attention à la confusion : l’impact de votre prise de parole va venir de sa cohérence et de la force de votre message. Une force qui se marie mal avec le fait de courir plusieurs lièvres en même temps. Même si vous n’en avez peut-être pas envie, il faut quand même impérativement choisir un objectif principal et un objectif secondaire. Ensuite, c’est votre objectif principal qui va vous donner la ligne à tenir.

Conseil n°2 : Travaillez le coeur de votre message

Le premier élément auquel vous devez réfléchir est le message principal de votre intervention. Quelle est l’idée forte que votre public doit retenir ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer ?

Pour avoir de l’impact, ce message doit être aligné avec vos valeurs. On pense souvent qu’on aura plus d’impact en ayant un message clair, mais plus éloigné de notre pensée. C’est faux ! Le message qui aura le plus de force, c’est celui auquel vous croyez. Si votre avis est complexe, si vous ne trouvez pas par quel bout le prendre, prenez une vingtaine de minutes pour vous poser les questions suivantes : pourquoi ce sujet-là me tient-il à coeur ? Pourquoi est-ce important pour moi de faire passer ce message ? Avec lesquelles de mes valeurs ce discours se raccroche-t-il : le respect, la ténacité, l’engagement, la résilience, la communauté, l’efficacité ?

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Dans la prise de parole en public, on ne ment pas (ou alors, ça se voit). Votre auditoire peut voir en temps réel si vous êtes congruent.e sur vos messages, si vous êtes aligné.e, ou si vous tenez un discours politicien. Vous aurez beaucoup plus d’impact avec de l’honnêteté, de la profondeur, de l’engagement, qu’avec un discours stéréotypé autour de valeurs qui ne sont pas les vôtres.

Une fois identifié le coeur de l’intervention, et la raison pour laquelle vous voulez porter ce message, place à l’argumentation.

Conseil n°3 : Alternez la théorie et les faits

Troisième étape : pour que cette prise de parole soit forte, nous vous conseillons d’alterner des éléments très concrets avec des aspects plus théoriques, et de limiter le nombre de vos arguments (pas plus de trois !)

  • Pour une intervention politique et la défense d’une idée, l’idéal est de vous appuyer à la fois sur des chiffres et sur des éléments personnels : témoignage, vécus, histoires ou anecdotes. Tout ce qui vous touche personnellement (même si on sait que c’est parfois dur de parler de soi et de ce qui nous touche !) aura beaucoup plus de force que des arguments d’autorité, sans justification ni valeur émotionnelle personnelle.
  • Pour une intervention institutionnelle, l’essentiel est d’avoir en tête votre rôle et votre responsabilité d’élu.e : représentant.e de tous les citoyens et citoyennes, dédié.e au mieux vivre ensemble. Dans cette situation, les témoignages personnels sont aussi les bienvenus, et vous pouvez aussi mettre en avant vos valeurs, raison et cause de votre implication.
  • Dans tous ces cas de figure, prendre du recul vous aidera toujours à repositionner votre intervention dans son contexte et à lui donner du sens. Le fait d’apporter des éléments d’histoire ou des données de contexte vous aidera à ancrer votre intervention dans la réalité et à lui donner plus de poids. Un bel exemple en est donné dans le magnifique discours d’investiture de Barack Obama en 2008, dans lequel il reprend une histoire des progrès techniques et sociétaux aux Etats-Unis depuis les années 1900.

Conseil n°4 : répétez, répétez, répétez

On confond souvent l’écrit et l’oral, mais les deux exercices n’ont rien à voir. Un texte qu’on écrit et qui sonne bien mentalement rend généralement très mal à l’oral, et un texte déclamé à l’oral a l’air plat à l’écrit.

Pour réussir à l’oral, il faut donc répéter oralement.

Partez de votre idée principale, développez vos arguments, et construisez le fil de votre discours autour de ces éléments en parlant à voix haute. Répétez tout haut chez vous, en voiture, dans le train, en marchant dans la rue, etc. Au fur et à mesure, on modifie ses tournures de texte, on trouve des expressions qui marquent, bref, on s’améliore. Si vous voulez être sûr.e d’être vraiment prêt.e, répétez devant un public familial ou amical judicieusement choisi (et bienveillant !). Une fois cette étape passée, vous verrez que vous maîtrisez à fond votre sujet.

Ces explications vous ont été utiles ? Dites-le nous en commentaire ! Vous voulez en savoir plus et creuser le sujet ? Rejoignez-nous pour une formation sur la communication politique.

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