11 novembre : les communes au coeur de la célébration du centenaire de l’armistice

Dimanche prochain, ce sera le centenaire de l’armistice qui mit fin à la Première Guerre mondiale. Jour férié en France, le 11 novembre est un moment de commémoration nationale particulièrement suivi et respecté. Et pour célébrer son centenaire, de nombreuses communes ont décidé d’innover dans leurs célébrations.

Un siècle après la Première Guerre mondiale

Si la cérémonie du 11 novembre est célébrée chaque année en France et en Europe, avec des commémorations traditionnelles, celle de cette année s’annonce bien particulière. Le 11 novembre 2018 marquera en effet le centenaire de la signature de l’armistice, marquant la fin des combats de la Première Guerre mondiale, aboutissant un an après au traité de Versailles, le traité de paix signé le 28 juin 1919.

Le 11 novembre 2018 marquera aussi la fin du grand cycle de commémorations entrepris il y a quatre ans, pour accompagner le centenaire de la Première Guerre mondiale. Pendant quatre années, l’État, mais aussi des collectivités, des musées, des chaînes de télévision ont multiplié les commémorations ainsi que les projets pédagogiques pour retranscrire au mieux l’histoire de cette Grande Guerre et expliquer l’importance du devoir mémoriel.

Les communes impliquées dans de nombreux projets

En tout, plus de 4.000 projets ont été répertoriés. Beaucoup de communes ont souhaité accompagner leur commémoration par des initiatives annexes. Sur la carte de l’agenda du centenaire, on note ainsi 306 expositions sur la Première Guerre mondiale : elles évoquent des thèmes fédérateurs comme l’union, sujet de l’exposition « Tous Ensemble 1914-1918 » à Périgueux ou elles consacrent les soldats comme l’exposition « Les Poilus de Civaux » qui retrace « le parcours des soldats pendant la Première Guerre mondiale« . Souvent ciblées, ces expositions permettent de témoigner sur les événements locaux de la Grande Guerre, comme « le Centenaire de la Royal Force » à la Coupole, qui veut présenter « le rôle joué par l’aviation britannique pendant la Grande Guerre dans le ciel du Nord de la France ».

Outre les expositions, des communes ont organisé des événements publics comme des spectacles, des projections de films ou de documentaires, ainsi que des concerts. Ces manifestations culturelles ont l’avantage d’attirer un public large tout en participant à la fois aux devoirs pédagogique et mémoriel.

Les communes, témoins de la guerre

La Première Guerre mondiale, première guerre dite « totale » car elle a mobilisé tous les acteurs de la société, des soldats mobilisés au front, aux civils à l’arrière-pays mais elle n’a pas laissé son empreinte de la même façon sur l’ensemble du territoire. L’avantage des commémorations locales est de pouvoir témoigner précisément de ces spécificités, en complément de la cérémonie nationale, forcément plus générale.

La période précédant le 11 novembre est ainsi le moment privilégié par les communes pour répertorier leurs Poilus afin de leur rendre hommage. A Doudeville, une biographie a même été réalisée pour les 330 soldats du canton qui ont participé au conflit. Un travail immense mais salutaire, qui a permis de révéler que certains soldats morts pour la France avaient été oubliés ; en effet, Doudeville en a répertorié 102 alors que seuls 80 noms sont gravés dans les monuments aux morts du canton.

Les communes, victimes de la guerre

Parfois, ce sont les communes elles-mêmes qui ont été victimes de la guerre, particulièrement dans la partie Nord/Nord-Est de la France, là où se sont concentrés les combats. Beaucoup de villes et villages ont été détruits pendant la Grande Guerre, mais ont souvent été reconstruits comme la commune de Bailleul, où il ne restait pourtant qu’une seule maison en novembre 1918.

D’autres en revanche ont été évacués et sont inhabités depuis. Sur le front de Verdun, 6 communes sont considérées comme « mortes pour la France ». Elles n’ont pas pu être reconstruites car elles sont classées en « zone rouge » à cause de la présence de milliers d’obus non explosés, qui se sont ensevelis dans le sol. Mais la France préserve leur existence depuis 1919 au nom du devoir de mémoire. Un monument aux morts est présent dans chacun de ces villages qui disposent, fait tout à fait exceptionnel, d’une commission municipale de trois membres désignés par le préfet. Par exemple, François-Xavier Long est le maire de Louvemont-Côte-Du-Poivre, commune sans habitant et doit perpétrer l’histoire de son village, témoin et victime des horreurs de la Première Guerre mondiale.

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