Municipales 2020 : un projet de territoire en 3 points incontournables

La préparation des municipales 2020 se fait petit à petit. Les équipes tendent à se constituer et les langues se délient quant à savoir si les élu.e.s actuels se représentent ou non. Pour se lancer avec une équipe, il ne faut pas seulement avoir des représentants de tout le territoire, il faut surtout avoir un projet.

Un projet lié au territoire

Si vous souhaitez vous présenter, c’est que vous avez déjà un avis sur ce qui est fait. Bon ou mauvais, mais vous connaissez les tenants et les aboutissants des projets actuellement menés. Vous êtes d’ailleurs déjà élu.e et pouvez donc suivre de l’intérieur la mise en place.

Le tout est d’avoir une ambition pour son territoire, voire une vision. Quand vous pensez à votre commune dans 5 ans, que voyez-vous ? Un nombre d’habitants stable ? En hausse ? Des infrastructures refaites ? Dans quel délai ? Dans quelle priorité ? Pourquoi ? Comment ? (Energie verte, reconversion des énergies de bâtiments…). Et dans 10, 15 ans ?
Car ce qui porte une campagne c’est bien le duo projet / liste. Si la liste doit ressembler aux citoyens de votre commune, le projet doit être tout à fait cohérent. Et un projet n’est pas fait que de « il faut », « menons », « créons ». Il doit être chiffré, anticipé, planifié. C’est là que ceux qui incarnent la liste, les colistiers vont aussi pouvoir intervenir : avec leur expérience et leurs savoir-faire vous allez pouvoir mener un projet de territoire décliné en commission (compétence de la commune) et planifier budgétairement ainsi que dans le temps le tout.

Ces projets, tous mis bout à bout, reprennent le projet global de territoire que vous défendez, et auquel vous croyez. Vous savez mieux que moi à quel point il est important et il doit vous plaire sinon vous ne pourrez le défendre. S’il faut passer du temps, c’est bien sur ce point, même s’il est beaucoup (beaucoup) moins visible qu’un nom, une affiche ou un slogan de campagne.

Un projet intercommunal

La loi NOTRe a ancré les intercommunalités dans le paysage politique local. Si celles-ci existaient depuis plusieurs décennies, leurs compétences et pouvoir d’action ont été considérablement accrus. Les communes ne sont plus des entités qui vivent en électron libre dans un paysage local, elles sont intégrées à une intercommunalité – qui est censée reprendre le bassin de vie – afin de concevoir le territoire dans sa globalité.

Les candidats se doivent, dès lors, de réfléchir leur projet avec ces données. Si les colistiers peuvent échanger avec les autres listes et identifier quels sont les projets qui sont dans une même dynamique ce n’est que plus précieux. Nous ne parlons pas forcément clivage droite / gauche – même si certains territoires s’allieront de la sorte – mais d’une conception et d’une vision pour le territoire. Échanger sur les compétences intercommunales avec ceux qui travailleront avec vous dans le cas où l’une et l’autre liste seront élues est ce qui pourra faire la différence.

Les compétences maintenant gérées par l’intercommunalité sont structurantes. Elles ne sont pas les mêmes pour les communautés de communes ou les métropoles mais le dénominateur commun repose sur l’importance de ces dernières. En effet, toutes les EPCI sont dans une démarche de mutualisation afin de porter des projets plus ambitieux et lourds dans les territoires. Le service public en découle… Et connaître les potentiels collègues de cette assemblée est incontournable. Elisabeth Rozier, une de nos formatrices et spécialiste des collectivités nous disait récemment « dans le cadre de la prochaine élection municipale, si la question de l’intercommunalité n’est pas anticipée, la liste pourra se voir perdre ». L’enjeu intercommunal sera certainement au paroxysme de son importance en 2020.

Un projet pluriannuel

Très souvent, nous voyons des projets se construire entre 6 et 12 ans. Pourtant, comme le rappelle Christelle Matheu « les élus sont en CDD, ils sont éphémères pour les communes ». Le message de fond que transmettent les agents à leurs élu.e.s c’est que les projets portés sont beaucoup plus intelligents quand ils sont travaillés sur des périodes adaptées : 10, 15 ou même 20 ans en fonction de l’importance, et non pas 1, 2 voire 3 mandats. Cela n’empêche pas d’analyser le nombre de mandats qu’il faudra afin de voir la création, la réalisation et l’inauguration du projet en question.

Le projet phare de votre campagne – par exemple la remise sur pied de l’école communale – va, non seulement, être réalisé sur plusieurs années, mais va aussi s’inscrire budgétairement sur une dynamique pluriannuelle. Alors, il est particulièrement important que vous puissiez vous projeter en oubliant les échéances électorales. Quoi qu’il arrive les agents seront là pour faire le lien et mener à bien ce qui a été voté et inscrit. Réfléchir projet et territoire vous permettra également plus de créativité. Le mandat électif n’est pas aisé, si vous vous rajoutez en plus des contraintes de temps, c’est presque peine perdue ! Amusez-vous dans votre mandat et advienne que pourra !

Pour aller plus loin : Imaginer et planifier l’avenir de sa commune

Le projet de territoire est l’axe majeur d’une campagne. Il fonctionne en duo avec le groupe qui le représente. S’il faut bien qu’il respecte 3 idées ce sont celles du respect du territoire, de la vision intercommunale et de la notion pluriannuelle que certains axes de ce projet vont nécessiter. Eviter de se contraindre à la fois aux limites physiques de la commune et aux limites temporelles peut faire perdre de la valeur à vos idées car elles devront entrer dans des cases prédéfinies. Maintenant, à vous de jouer !

Vous aussi, exprimez-vous !

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