Numérique : mieux équiper les territoires

Cet article a été rédigé en partenariat avec Google.
Conformément à notre Charte, il reflète notre propre opinion sur le sujet.

La France est un pays dans lequel le secteur numérique est bien vivant : émergence de nombreuses start-ups, infrastructures télécom ambitieuses, équipement fort chez les citoyens… Mais derrière ce dynamisme affiché, les analyses ont tendance à modérer l’engouement. Lever de rideau sur un état des lieux qui ouvre le champ des possibles pour les territoires et les citoyens.

Pourquoi un état des lieux ?

Quand les français parlent de numérique, le sujet ne paraît pas loin de leurs habitudes : taux d’équipement élevé, adaptation de leurs environnements de travail, démarche des collectivités pour le déploiement – parfois trop lent – de la fibre. Bref, les termes et usages sont connus.

Quand la France parle de numérique, les représentations existent : apparition CES 2017, politiques d’envergures nationales, investissements de BPIFrance… Là-aussi, le sujet a l’air d’être maîtrisé. Mais quand le cabinet Roland Berger et Google s’associent pour faire un rapport, les constats diffèrent. Certes, les français sont accros à ces usages et la « boulimie » – telle que définie Nicolas Teisseyre, Senior Partner du cabinet Roland Berger – pour les outils du secteur est bien présente, mais il reste encore beaucoup à accomplir.

Ainsi, le rapport pointe du doigt plusieurs chiffres intéressants.

Le premier : 0.

C’est le nombre de pure player au CAC 40. « Les grandes entreprises du numérique sont les mêmes qu’il y a 20 ou 30 ans » développe le cabinet Roland Berger. En effet, le secteur évolue à toute vitesse, mais l’économie numérique française, elle, met plus de temps à s’adapter. Non pas que les start-ups digitales soient moins performantes que celles des autres pays, mais d’après le rapport, il apparaît que la « phase d’accélération numérique » n’ait pas encore été suffisamment enclenchée. Alors que « l’Etat pionner » était à la pointe lors de la création de la carte vitale ou de l’ADSL, il semble qu’aujourd’hui un déficit de confiance vienne entacher l’accélération du secteur et la potentielle croissance associée.

Deuxième chiffre à retenir : 46%.

Moins de la moitié des grandes entreprises du pays ont un CRM (Customer Relationship Management : logiciel de gestion client). Une information qui paraît anodine mais qui est pourtant très parlante. Ces outils permettent un gain de temps et de suivi, améliorant aussi les conditions de travail des employés. Si on y regarde de plus près, le secteur numérique est encore fragile : les entreprises françaises qui désirent recruter sur ce secteur note une difficulté plus forte que chez nos voisins européens (4 points de plus) à trouver le.la bon.ne candidat.e.

Les usages personnels des français sont plus performants que l’utilisation numérique en entreprise, un impact qui se fait ressentir dans l’économie.

L’impact du numérique sur les territoires

Quelques (autres) chiffres viennent témoigner du potentiel que peut amener le numérique à l’échelle nationale et locale mais rappellent aussi qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir :

  •         11% des français n’ont jamais utilisé internet,
  •         50 000 emplois seraient non pourvus dans le domaine numérique dans le pays,
  •         21% des lycéens français ont suivi une formation obligatoire au numérique en France (contre 74% en Lituanie).

La France bénéficie d’une base solide mais souffre des déploiements plus lents sur les territoires et dans les entreprises, constats appuyés par ce rapport. Cependant, les potentialités sont fortes : tout n’est pas perdu et les élu.e.s font partie des premiers concernés quand la problématique est posée.

Au-delà des questions d’utilisation personnelle, l’économie numérique n’est pas seulement intéressante pour l’Etat. En effet, le rapport estime que l’économie française pourrait gagner 10 points de PIB, et ce d’ici 2025 grâce aux nouveaux métiers associés du secteur. En local, la question du numérique est tout à fait cohérente : les territoires peuvent et doivent s’en saisir. Il n’est pas question de mettre en place une digitalisation exacte de tous les services et couper les interactions humaines mais bien d’améliorer certains outils quand cela est possible.

Prenons l’exemple d’HAPPI MONTANA, ce projet a pour objectif de rendre le territoire du Massif central non seulement plus attractif mais aussi d’y inclure le développement et l’innovation au sein des massifs montagneux et « rendre cet avenir possible » comme le précise André Marcon, directeur de l’association Macéo, porteuse du projet.

Au programme : des innovations numériques mais pas que ! L’organisation territoriale se met en place pour les accompagner et permettre à ces solutions de se propager. C’est l’implication et le lien entre tous les acteurs qui donnent de l’intelligence au projet et ce secteur est associé de manière transversale aux réflexions. Ainsi, il permet d’y développer le haut débit, de réfléchir fibre optique pour attirer les habitants et surtout les acteurs économiques, de créer des réseaux d’incubateurs et de services dédiés pour rendre attractif le territoire tout en créant de l’emploi mais aussi de réfléchir aux interactions entre métropoles et territoires ruraux grâce à des dispositifs connectés, etc. Ce projet permet de mettre en lumière les territoires, crée de la valeur ajoutée, donne des idées aux entrepreneurs, et ce n’est que le début !

A l’échelle nationale, ce secteur pourra générer une valeur supplémentaire du PIB du pays allant jusqu’à 250 milliards d’euros par an d’après le rapport mais pour cela les territoires doivent aussi s’engager et créer de nouvelles manières d’utiliser le numérique.

Un moteur à saisir en local

Fort potentiel d’emploi et d’économie, le numérique permet aux territoires de jouir d’une image positive avec des acteurs dynamiques et de services publics plus fortement déployés. Alors que les français sont plus en retrait que leurs voisins européens sur les usages mobiles : la part des transactions en ligne ou le temps passé sur des pages web y sont nettement inférieurs ; les citoyens de l’hexagone sont pourtant champions en matière de présence sur les plateformes de mise en relation. Covoiturage, location de logements, les français sont en haut de la liste (offres et usages). Si beaucoup attendent plus d’engagement de la part de l’Etat pour une politique numérique poussée, les territoires peuvent aussi agir à leur échelle.

Beaucoup connaissent la numérisation des archives, le dossier d’inscription unique, les services connectés qui représentent les premières solutions dont se saisissent les collectivités. Mais le numérique peut aller au-delà et proposer des avantages en matière de mobilité, de consommation et donc de dynamisme local. Quand nous lisons que les citoyens français sont champions de

l’utilisation, de l’équipement et particulièrement friands des applications de covoiturage ou copartage dans le rapport état des lieux du numérique, nous ne pouvons imaginer que certaines de ces pratiques viendraient soutenir des problématiques locales.

Prenons l’exemple du covoiturage : les aires se multiplient, à Saâles, à Gorron, à Courtry, depuis début juillet, la communauté des communes des Paysages de la Champagne met à l’étude la réalisation de 13 aires possibles. Le « chacun sa voiture » tend à évoluer, du moins sur le papier. La simple aire ne suffit pas et trop souvent, l’accompagnement de sa réalisation ne se double pas d’une mise en place d’une politique de communication en faveur des outils numériques existants. Les leaders du marché, certains conseils départementaux ou intercommunalités, des entreprises de mobilité privées ou semi-privées, … bref avec cette offre, les acteurs sont nombreux, mais pas toujours connus pour ce service. Dès lors, si les citoyens en ignorent l’existence, ils ne l’utilisent pas. C’est souvent pour cette raison que les aires ne sont pas utilisées à leur juste valeur. Par ailleurs, les aires sont souvent « seules » en entrée d’agglomération ou proche d’un centre-bourg, l’absence de pôle multiservices (vélos partagés, voitures partagées, covoiturage, reliés par des bornes) – par exemple conventionné avec l’agglomération proche pour les premières couronnes – laissent l’usager face à une seule possibilité.

De manière générale, l’aménagement intelligent peut se faire avec une réflexion numérique, tant les possibilités sont vectrices de facilités. Et ce n’est qu’un axe d’approche. A Aix-les-Bains, le numérique va au-delà de la fin de vie et une borne interactive guide les visiteurs du cimetière à travers les allées pour retrouver les défunts. Dans un autre registre, le numérique peut aussi soutenir le commerce local, par exemple à Saint-Lô où une devise virtuelle soutenue par une application vient accompagner les acheteurs. Autre exemple en Isère où le syndicat de gestion des ordures ménagères a équipé ses poubelles de puces numériques adaptant ainsi les trajets des camions et le temps des agents en fonction des besoins.

Les opportunités numériques en France sont nombreuses et peuvent soutenir la vie des usagers, des entreprises, des acteurs locaux et même des élu.e.s. Ce secteur a un avantage considérable : ses limites ne sont finalement pas tant le budget ou les infrastructures, que l’imagination de celles et ceux qui inventent les territoires de demain.

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