De la donnée mutualisée aux services : des plateformes de confiance pour le développement du territoire

Cet article a été rédigé en partenariat avec Atos.
Conformément à 
notre Charte, il reflète notre propre opinion sur le sujet.

Le numérique fait partie intégrante de notre vie. Les collectivités, quant à elles, appréhendent plus lentement l’ère du digital. Souvent le service informatique communal est réduit à sa plus simple expression. Pourtant les usages du numérique représentent un enjeu important pour faciliter le développement de nouveaux bassins de vie, grâce notamment aux plateformes de données mutualisées qui permettent d’accélérer les regroupements de moyens.

Comment ça marche ? et pour quoi faire ?

Avec le développement d’Internet, des réseaux sociaux et des nouvelles technologies, comme les objets intelligents connectés et la multiplication des applications, nous assistons à une production exponentielle des données numériques. Les collectivités n’échappent pas au phénomène et fournissent des données dans des secteurs divers : démographie, climat, consommation énergétique, utilisation des réseaux de transports, fréquentation des lieux publics, commande publique, etc. La gestion de ces données représente donc un enjeu d’avenir pour les collectivités qui nécessite un réel regroupement de moyens.

Comment bâtir de vraies plateformes de données mutualisées ? Comme a pu nous l’expliquer Philippe Bouchet, directeur du marché Collectivités territoriales d’Atos, qui en a fait sa stratégie de développement auprès des collectivités, cette évolution nécessite méthodes et moyens, mais le principe reste simple : il faut organiser le choix, la récupération et le traitement de données numériques produites via de multiples sources comme les applications traditionnelles, les objets connectés et les réseaux sociaux. Les données sont alors choisies par rapport à un besoin stratégique – par exemple, choix du meilleur emplacement pour une zone commerciale au sein d’une intercommunalité, ou sensibilisation du grand public à sa consommation énergétique, à l’échelle d’un quartier, d’une commune ou du territoire – puis organisées entre elles après que leur fiabilité a été contrôlée, pour produire une information. Pour aboutir, en bout de course, à un véritable service à destination des collectivités, des associations, des entreprises, ou directement des citoyens.

Par exemple, une plateforme référençant l’ensemble des places de parking disponibles à l’échelle d’une intercommunalité et non pas simplement d’une commune permettra aux habitants d’un territoire où la circulation routière est importante d’avoir une vue exhaustive des possibilités de stationnement sur le chemin du travail. Si on y associe des données de présomption de trafic, et une analyse en « temps réel » des incidences de difficultés passagères sur les transports publics, on offre là un service de grande valeur ajoutée pour le citoyen. Plus qu’une « place de marché » connectée, c’est la concrétisation d’une politique ambitieuse de délivrance de services à valeur ajoutée à destination du public visé.

Ces services participent à la modernisation de l’accompagnement des différentes populations. C’est une « nouvelle » façon d’aborder la performance du service public : grâce à des pratiques plus en lien avec les usages des acteurs locaux déjà très connectés. Souvent associé à un investissement coûteux, le numérique est pourtant un enjeu de territoire. Marie-Hélène Thoraval, 1ère Vice-présidente Attractivité de Valence Romans Agglo et Maire de Romans-sur-Isère, en a d’ailleurs fait un élément incontournable : « L’important est de savoir ce qu’on veut faire. Si ce n’est qu’un affichage politique, l’investissement est gâché. L’accès au numérique est aujourd’hui primordial pour l’ensemble des acteurs locaux ».

Une vision globale partagée par Philippe Bouchet : « Les plateformes de données apparaissent comme une véritable opportunité de renforcer la coopération, de préparer conjointement l’avenir et d’envisager une utilisation de la donnée plus transverse et à plus grande échelle. Ce changement d’échelle est un pari que nous devons prendre ensemble pour accélérer la transformation vers les territoires intelligents ».

Changer les pratiques pour mutualiser les données

Les intercommunalités nées de la loi NOTRe et les régions sont les mieux placées pour développer ces nouveaux services dédiés aux bassins de vie. Pour y arriver, il est nécessaire d’instruire une vision au-delà de la mutualisation d’infrastructures à des fins d’économie d’échelle : crèches, salles culturelles, équipements sportifs. Il faut également sortir au maximum des silos organisationnels, entre directions ou entre collectivités, afin de promouvoir une intelligence transverse. Cette dernière permet aux organisations un schéma de vraie coopération territoriale.

Mettre en place ce type de services nécessite une grande adaptabilité, les collectivités devant passer par un changement de culture. Beaucoup n’ont pas encore pris le train du numérique et réfléchissent la mise en commun essentiellement autour des infrastructures physiques. Il n’est maintenant plus question de s’adapter à la demande locale mais de l’anticiper en offrant un niveau de service porteur du dynamisme territorial.

Bien utilisées et alimentées, les plateformes de données constitueront un moyen efficace de soutien de la politique territoriale, réfléchie sur un territoire dans sa globalité. « Les communes ne pourraient pas obtenir des informations venant des données seules, c’est en mutualisant que l’efficience voit aussi le jour dans nos territoires. Grâce au numérique, nous devons développer une approche process dans nos communes pour que le service public soit plus efficace. » rappelle Marie-Hélène Thoraval.

Organiser un bassin de vie digital : un levier d’innovation

Les domaines d’utilisation des données sont nombreux et transversaux : agriculture, tourisme, sécurité, transports, politique d’achats, gestion du patrimoine, transition écologique… Les acteurs du numérique et bon nombre d’élus s’accordent sur l’échelle la plus adaptée au développement des outils numériques. Cependant, Marie-Hélène Thoraval tient à nuancer les propos : « l’échelon adéquate est sans équivoque l’EPCI où le retour sur investissement sera le plus probant. En ce qui concerne la proximité avec les usagers et les réponses mobiles type application, ce sont les communes référentes qui doivent faire le lien ».

Marie-Hélène Thoraval résume : « Qu’on soit en ville ou à la campagne, urbain ou agriculteur, on a besoin du numérique, et les exigences sont les mêmes. L’important est de savoir ce qu’on veut faire. C’est sur cette base qu’il faut avancer pour que tous les territoires soient dotés des mêmes outils numériques, et que la population soit traitée équitablement. »

La collectivité (EPCI, département, région) qui va mettre en œuvre une plateforme de données va pouvoir, plus facilement qu’à travers des projets de « ville intelligente », développer l’économie locale. En effet, de nombreuses start-ups vont naître ou se développer autour de l’utilisation des données issues de la plateforme, en mode « Open Data ». Car la mise en commun des données ne permet pas simplement d’analyser les informations émises, elle met sur un pied d’égalité l’ensemble des acteurs concernés.

Et les offres de service innovantes vont rapidement croître. Le traitement des données en information va permettre de mettre en œuvre une boucle vertueuse. La récupération et la mise à disposition des data vont permettre une mise en valeur des acteurs de l’économie locale. C’est l’ambition des « territoires intelligents » : créer de l’interaction afin de favoriser les services locaux.

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