Vie d’élue – le jeu des législatives et la politique locale

Les échéances présidentielles sont passées, prochains votes : les législatives. Qui dit législatives dit circonscriptions…et pouvoir local.

Du national au local

Cette année, je pense que nous pouvons tous nous mettre d’accord sur une chose : la politique nous a réservé de nombreuses surprises ! Si quelqu’un m’avait dit, il y a 3 ans, que le futur président serait Emmanuel Macron et qu’un nouveau parti se positionnerait pour être majoritaire … je n’y aurais pas cru. Et pourtant, force est de constater que le paysage politique est totalement renouvelé.

Alors, sur le territoire où je suis élue, il se passe aussi des changements : de nouveaux investis par les partis, l’ancienne députée qui se retire pour favoriser une candidature plus jeune, et puis, les nouveaux arrivants pour de nouveaux groupes politiques. Chez nous, comme dans beaucoup de circonscriptions, nous aurons des candidats France Insoumise, du parti Les Républicains, de la République en Marche, certainement du Front National. Mais concernant le PS et EELV, ici, le combat est rude. Si la circonscription n’était pas traditionnellement à gauche, je parierais que les problèmes ne seraient pas les mêmes. Mais voila, c’est une circonscription qui séduit plus d’un politique de la mouvance.

Enjeux locaux ou soif de pouvoir ?

Dans le cadre des accords lors des élections présidentielles, il est dit, que ce territoire était laissé à un des deux partis. Jusque là, tout « allait bien ».

Mais comme nous le savons tous, en politique, tout ne va pas toujours très bien. Et au moment de toutes les investitures, l’entente générale se corse. Car, quoi de mieux que deux partis qui se battent pour savoir qui va avoir le dernier mot ? Je vous le donne en mille : deux partis qui investissent leurs candidats pour une même députation, en marge des accords nationaux.

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Si je n’ai rien à reprocher aux élu.e.s en tant que personne, je me pose tout de même des questions sur la volonté de chaque parti. Je comprends qu’un.e élu.e se sente légitimement investi.e via les accords et que l’autre se positionne car la députée sortante le/la soutienne. Mais où est le bien commun dans cette course à la place ? Nous sommes tous conscients que les enjeux actuels ne concernent plus seulement des visions politiques différentes mais bien des idéaux et des valeurs notamment démocratiques. Les français réclament, me semble-t-il, un renouveau qui ne se traduit pas seulement en terme d’âge ou de fonction mais bien un renouvellement total. Nous voyons de nouveaux profils, une nouvelle conception de la république, des nouvelles politiques, des valeurs qui évoluent, et tout cela est aussi traduit dans les votes prononcés lors des présidentielles.

En attendant l’élection, certains s’entraînent

Alors, quand je vois dans mon territoire une « course au siège », que personne n’est prêt à renoncer afin de s’allier plutôt que de s’opposer je finis par me demander : quelle place pour les citoyens ? Quelle place pour une politique durable ? Pour la vision du territoire ? Et encore, dans ces cas, les partis investissent des partisans. Mais quand un regroupement cherche des profils à investir, la course est encore plus rude.

Une volonté de renouveau

Combien de candidatures ont été envoyées pour sauver sa place ? Combien de candidatures proposées pour être investi ? Ici, sur les 3 dossiers dont j’ai eu connaissance, j’en connais 2 au moins qui sont par pur opportunisme. Je n’ose imaginer sur l’ensemble des circonscriptions françaises.

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Beaucoup de territoires ont vu, au gré des semaines, surgir de nouvelles passions pour le renouvellement. De la part même d’élus qui s’inscrivent pourtant dans une continuité et un désir de faire de la politique un métier. D’ailleurs, le mot renouveau redevient tendance. Même en politique. Comme quoi, nous aurons tout vu.

Il faut quand même changer ces députés à costard

Ce qui m’attriste, c’est qu’à force de spéculer sur les futurs ministres, de tenir des paris sur les investitures, de jouer la carte « communication » pour faire campagne, les réels concernés ne le sont plus vraiment. Faire une campagne pour les législatives en 1 mois ce n’est pas parler de fond, comment faire connaitre les enjeux, échanger avec les habitants, avec les associations, les commerçants ? Bref, échanger avec les acteurs locaux. Sur une circonscription urbaine, des fois, il suffit d’aller dans des lieux de vie – et encore – mais pour les territoires ruraux, le temps de transport est perdu et non investi dans les échanges.

Alors oui, il y aura peut être un renouveau de la classe politique. Mais au fond, changer une tête, est-ce la solution ? Qui écoute ? Qui échange ? Qui prend le temps d’entendre les retours du terrain ? Je pense que le véritable renouveau ne se fait pas dans un trombinoscope mais plutôt dans des pratiques, et pour cela, il faut du temps.

Vous aussi, exprimez-vous !

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