#EntenduALaMairie : plus de 350 élues témoignent sur les violences sexistes et sexuelles

#NousToutes et EluesLocales.fr ont récolté plus de 350 témoignages d’élues locales et d’élus locaux, issus de plus de 300 collectivités, sur le sexisme et les violences sexuelles subies dans le cadre de leur mandat.

Si nous avons décidé de porter cette enquête, c’est parce que les témoignages des élu.e.s ne cessent de s’accumuler et il nous est apparu essentiel de permettre à chacune de s’exprimer.

Lorsqu’il s’agit de déstabiliser les femmes en politique, plus particulièrement en période électorale, les violences sexistes vont bon train.

Dans le cadre de nos recherches, nous avons notamment pris connaissance d’une tribune particulièrement insultante rédigée par l’opposition dans le magazine de la ville de Dax du mois d’octobre attaquant directement la maire actuelle et intitulée « Faire le trottoir : A l’approche des élections, il est de bon ton de refaire les trottoirs pour espérer aguicher la clientèle ! ».

Et à lire les nombreuses citations remontées dans l’enquête « Tu ferais mieux de t’occuper de tes gosses, au lieu de faire de la politique. », « Tu me la joues Basic Instinct… », « 2 mois après avoir été élu le maire m’a demandé de monter dans le bureau. il a fermé la porte il était accompagné d’un adjoint. Il m’a demandé de retirer ma culotte.  » pour n’en citer que quelques-une nous ne pouvons que constater qu’il est urgent d’agir.

L’enquête #EntenduALaMairie révèle un niveau de sexisme et de harcèlement sexuel élevé

Dans l’immense majorité des cas, les propos sexistes ou à connotation sexuelle sont le fait de collègues élus.

Alors que s’annoncent partout en France les campagnes des municipales, #NousToutes et EluesLocales.fr demandent aux associations d’élu.e.s, aux formations politiques et aux exécutifs des collectivités de prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte qu’aucune candidate ne soient victimes de violences sexistes et sexuelles au cours des mois qui viennent.

Au-delà de la campagne, il est de leur responsabilité de faire cesser ces violences pour les mandats qui viennent. C’est à la fois une obligation légale, un enjeu de justice mais également un enjeu de parité. On ne peut réclamer partout que les femmes s’engagent en politique sans interroger les violences qu’elles subissent lorsqu’elles franchissent le pas.

Qui a répondu à l’enquête ?

354 réponses d’élu.e.s, dont 91% de femmes.

Parmi elles, 54,5% exercent leur premier mandat et 91% d’entre-elles sont élues à l’échelon municipal.

62% des répondant.e.s ont entre 40 et 60 ans

Des violences sexistes et sexuelles nombreuses, en majorité le fait de collègues élus

40,1% des répondant.e.s déclarent subir du sexisme, dont 1/3 souvent. 54,5% de ces actes ont eu lieu il y a moins d’un an.

Dans 83,4% des cas, c’est le fait d’un collègue élu. Dans 44,3 % des cas les agissements n’ont jamais été reportés au service politique ou responsables RH.

19,5% des répondant.e.s déclarent subir des propos à connotation sexuelle, dont 26,5 % souvent. 50% de ces actes ont eu lieu il y a moins d’un an.

Dans 48,9% des cas ces agissements n’ont jamais été reportés au service politique ou responsables RH. Dans plus de 60% des cas, ces agissements se passent dans le lieu où s’exerce le mandat.

On recense 29 agressions sexuelles dans le cadre de l’enquête. La moitié de ces agressions sexuelles ont eu lieu à l’extérieur des locaux de la collectivité. Les 2/3 ont été le fait de collègues élus.

Les victimes sont en immense majorité des femmes :

Femmes Hommes
Sexisme 43,10% 6,90%
Harcèlement sexuel 21,20% 0%
Agression sexuelle 7,10% 0%

 

Plus la collectivité est grande, plus les témoignages sont fréquents

Dans les collectivités embauchant plus de 500 agent.e.s, 52,5% des femmes élues ayant répondu à l’enquête déclarent avoir subi des propos sexistes. C’est le cas de 31,8% des femmes élues dans des collectivités embauchant moins de 100 agent.e.s.

Dans les collectivités embauchant plus de 500 agent.e.s, 30,7% des femmes élues ayant répondu à l’enquête déclarent avoir subi des propos à connotation sexuelle. C’est le cas de 15,8% des femmes élues dans des collectivités embauchant moins de 100 agent.e.s.

Des collectivités qui, lorsqu’elles sont informées, réagissent peu

En matière de violences sexistes et sexuelles, les faits sont reportés à un service RH ou à la direction de la collectivité dans plus de 60% des cas. Lorsque les faits sont signalés, les collectivités traitent peu les cas signalés.

  • 12% de réaction en matière de sexisme
  • 8,6% de réaction en matière de propos à connotation sexuelle
  • 11,1% de réaction en matière d’agression sexuelle.

Pour rappel, obligation légale (mettre l’article de la loi de 1983)

Une information très faible des élu.e.s sur leurs droits et les outils pour signaler

79 % des élu.e.s déclarent n’avoir reçu aucune information de la part de votre structure sur le sexisme et le harcèlement sexuel et n’avoir pas été informé.e sur les procédures de protection en cas de violences sexistes ou sexuelles.

Les collectivités ont une responsabilité pour que ces violences cessent et les moyens d’agir existent

Prévenir, repérer et traiter, à ces trois niveaux des actions peuvent être initiées par les collectivités. C’est pourquoi nous avons décidé d’être force de proposition pour amener les candidat.es aux élections municipales à s’engager concrètement contre les violences sexistes et sexuelles que peuvent vivre les femmes qui sont engagées en politique.

Quelques-uns des témoignages reçus (sexisme)

Un Préfet : « une femme ça doit dire Oui ou Non »

« Mais t’es encore enceinte ou quoi ? »

« Il n’y a plus de place dans la salle de réunion, pas de soucis, allez-vous asseoir sur les genoux du DGS il sera ravi »

« En déplacement je dors à l’hôtel. Le matin je croise un autre élu à la réception qui me dit « vous avez dormi ici aussi ? Si j’avais su ! »

« c’était mieux quand tu mettais une minijupe »

« t’es une pisseuse, je vais t’emmener dans les bois pour te montrer ce qu’est un mec »

« tu as vu sa paire de fesses….elle doit être bonne »

« Un collègue qui mime une fellation quand une collègue parle. »

« Elle s’est tapé le patron du parti pour avoir sa place »

« Votre mari est bien gentil de vous laisser faire. »

« Tu ferais mieux de t’occuper de tes gosses, au lieu de faire de la politique. »

« Je passe la parole à ma collègue, j’ai fait court, mais elle, elle risque de parler longtemps ! »

« Pourrais-tu participer à la remise des trophées? ça serait bien qu’une jolie jeune fille comme toi soit présente »

« alors ma petite poulette, tu t’es faite belle pour moi? »,

« on peut se faire un « débrief » à deux au bureau après la réunion, il reste du champagne? »

« Tu me la joues Basic Instinct… »

Quelques-uns des témoignages reçus (agressions)

« 2 mois après avoir été élu le maire m’a demandé de monter dans le bureau. il a fermé la porte il était accompagné d’un adjoint. Il m’a demandé de retirer ma culotte.  »

« Il a essayé de me violer »

« Il m’a mis la main dans les fesses »

« Il m’a fait un baiser forcé »

 

Vous aussi, exprimez-vous !

Please enter your comment!
Veuillez renseigner votre nom ici

douze + dix-sept =