Faire un discours : de la bonne élève à l’élue

Comme beaucoup d’élu.e.s, vous avez déjà certainement pris la parole lors d’une réunion publique ou d’un conseil. Comme beaucoup, votre discours a dû être préparé en amont, avec soin et assiduité, mais une fois fait, vous vous êtes fait les réflexions suivantes : « je n’aurais pas dû dire ça ! Je ne l’ai pas bien formulé ! Ah mince, j’ai oublié de dire ça ! » Retour sur un phénomène que tout le monde vit : de la bonne élève à l’élue, faire un discours.

De la bonne élève…

Vous voila donc à votre bureau quand le.la Maire appelle : « Irène, il faut que tu me remplaces à la commémoration ! ». En quelques secondes, vous vous retrouvez à devoir représenter votre collectivité à la fameuse rencontre – NB : cette affirmation marche aussi pour toutes les réunions, assemblées des maires, représentations diverses et variées – qui arrive dans les prochains jours. Après quelques secondes de panique, puis d’enthousiasme, il vous faut penser à ce que ce remplacement implique.

Car qui dit « remplacer » dit « parler », alors, ce n’est pas seulement une « simple » représentation mais bel et bien une prise de parole à préparer. A vos stylos et vos idées : le discours se rédige petit à petit.

Comme beaucoup, vous rédigez, reprenez, organisez et répétez vos idées dans un discours qui s’articule entre les valeurs que vous souhaitez représenter et le message que vous souhaitez faire passer. Selon l’environnement et la raison de cette prise de parole, vous avez beaucoup de chose à dire. Comme « une bonne élève » vous prenez soin de tout vous noter, il n’est pas question d’oublier des notions si importantes.

… à l’élue

Le jour de cette fameuse prise de parole, beaucoup de choses se passent. Si vous n’êtes pas aguerri.e à l’exercice, le stress et le trac arrivent, avec tout ce que cela implique : mains moites, boule au ventre, etc. Votre humanité s’exprime !

Arrive votre tour. Vous prenez le micro avec – plus ou moins – d’impatience – ou de tremblements selon les expériences ; et débutez votre discours. Pour ne pas paraître trop statique, vous avez posé vos notes… De toutes façons, vous connaissez votre discours par cœur. Prise dans votre énonciation, vous oubliez ou formulez votre discours différemment de prévu.

Après avoir fini, les reproches se bousculent dans votre tête : « mais non ! Il ne fallait pas dire ça comme cela ! Vraiment, ce n’est pas de bon niveau ! Irène, tu exagères ! »
Ce différentiel entre le papier et votre prise de parole est tout à fait normal. Vous êtes humaine et il n’y a rien de plus normal que de s’adapter à votre environnement. Car oui, il s’agit bien d’adaptation ! Quand vous écrivez votre discours, vous êtes dans une bulle paisible, calme et sereine. Bref… Rien à voir avec l’environnement de votre discours.

Les bonnes nouvelles

Rassurez-vous, il y a de bonnes nouvelles liées à cette situation :

La première : personne ne sait que vous avez parlé de votre 3ème idée avant la 2ème. Il n’y a que vous – et éventuellement ceux ou celles qui vous ont entendu vous entraîner – qui connaissez le déroulé de votre discours. Alors, énoncer une idée Z avant une idée X ne changera pas l’alignement des étoiles… et le jour continuera de se lever.

La deuxième : vous n’êtes pas un robot ! Et ça, c’est quand même une bonne chose !
Stresser, bafouiller, vous reprendre ou ne pas dire la phrase telle qu’elle était écrite est naturel, cela fait parti du « live show » de votre vie, et c’est tant mieux ! Qu’auriez-vous à raconter sinon ? Sur quoi vous appuyer pour progresser ? C’est en faisant qu’on apprend et en se trompant qu’on s’améliore !

Quoi qu’il arrive, votre posture d’élu.e vous donne la légitimité de la prise de parole et autour de vous, beaucoup de citoyen.ne.s sont bien plus bienveillant .e.s avec vous que vous ne l’êtes envers vous-même. Comprenez que le trac et le stress sont bons : ils sont des indicateurs de vouloir bien faire. Alors ne vous mettez pas la rate au court-bouillon car, quoi qu’il advienne, votre prise de parole ne ressemblera pas mot pour mot au discours que vous avez écrit.

Vous aussi, exprimez-vous !

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