Vie d’élu.e : le mois de janvier et mon trop-plein de galette

Laurence est élue dans une commune de 5.000 habitants et siège également à l’intercommunalité. Comme pour beaucoup, le mois de janvier rime avec « galette », elle nous parle de ce mois riche, et pas seulement en rencontres.

Galette, raclette, tartiflette.

Le fameux mois en « ette » qui débute l’année n’est pas fait pour ménager mon foie. Quelques semaines après Noël et le premier de l’an, il s’agit de garder sa dynamique.

Galette avec les administré.e.s, raclette avec le personnel pour leur soirée et tartiflette pour rester en forme. Si mon mois se résumait en chiffres, je pourrais – non sans fierté – déclarer plus de 12 parts de galette depuis ce début d’année et autant de morceaux de fromage. Car, derrière ces traditions culinaires, se cachent des enjeux politiques pour les élu.e.s que nous sommes.


Ne vous inquiétez pas pour moi, je me ménage avec des salades de temps en temps

Les galettes et les vœux sont intimement liés. De notre commune à l’intercommunalité, aux territoires voisins, tous en proposent ! Être déserteur de certains de ces rendez-vous peut mettre à mal la commune, voire la future liste à laquelle j’appartiens… Bref des enjeux qui ne sont pas si neutres. Alors, nous nous « sacrifions » – un sacrifice qui est loin d’être désagréable, même s’il me demande un budget dédié en citrate de bétaïne – pour représenter la commune.

Côté raclette, nous avons célébré ce week-end nos agent.e.s. Le traditionnel repas du personnel s’est fait autour d’une raclette – douce en bouche pour une amatrice de fromage comme je suis ! Ce moment est l’occasion de mettre en valeur le travail de plusieurs équipes qui se donnent à l’année pour mettre en place nos politiques. 1 médaille et 3 distinctions plus tard, nous avons pu continuer notre soirée de remerciement autour de quelques poêlons fumants.

Crise de foie sur fond de crise sociale

Nous avons, comme beaucoup, ouvert un cahier de doléance ces dernières semaines. Un cahier qui nous fait aussi prendre du recul sur le mandat. Je sais qu’en utilisant l’humour pour dire que nous mangeons trop en début d’année, je pense aussi à celles et ceux qui témoignent de la précarité dans laquelle ils vivent.

Tous les ans, je pense à notre relation aux habitant.e.s, aux commerçant.e.s… Cette année, ces réflexions sonnent vraiment différemment. Quel rôle avons-nous dans ce grondement de fond ? Comment pouvons-nous concrètement agir ? Car il le faut. Je pense souvent que la gouvernance comme nous l’abordons doit changer : elle doit être plus participative et plus collaborative.

Gilet jaune, malaise citoyen, cris d’alarme des commerçant.e.s, nous devons agir ! Dans ma commune, nous avons débuté les rencontres pour échanger sur l’avenir du territoire. Nous expliquons aussi le travail des collectivités et le fameux « qui fait quoi ? » car c’est en comprenant que nous pouvons faire agir, mais le travail est encore long…

Je ne sais pas jusqu’où iront les débats, mais l’actualité nous aura permis de lancer une nouvelle dynamique sur le territoire : d’une commune calme, nous sortons de notre zone de confort pour associer les administré.e.s à la vie et à l’avenir de leur territoire. Seul demain nous dira si cela fera changer les choses. En tous cas, côté galette, la saison se termine, côté participation, tout reste à faire.

Vous aussi, exprimez-vous !

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