Sexisme en politique : ne rien laisser passer

Cette semaine est tristement marquée par le sexisme ambiant que la politique – locale et nationale – ne connaît encore que trop bien. Des témoignages, un procès, des joutes verbales qui se font entendre, et pourtant il est plus que jamais temps que cela cesse.

Nous aurions pu écrire dès lundi sur « l’affaire Baupin » qui se joue en ce moment au tribunal pour rappeler l’importance de ce moment mais c’est avec plus de recul que nous nous exprimons. Les faits sont nombreux : une Maire nous expliquait que certains de ses collègues lui prêtent des intentions de séduction parce qu’elle porte un pantalon qui leur plait. Lydia Frentzel, répond à des propos misogynes tenus par ses opposants et défraie la chronique. Alors, nous ne pouvions plus rester sans soutenir celles qui vivent ces situations quotidiennement, partout en France.

 « Ils m’ont demandé si je voulais les séduire parce que j’étais bien habillée »

3 affaires, 3 situations, des lieux, des élues, des mandats très différents mais un point commun : la grande hostilité à laquelle ces femmes politiques ont dû faire face. La politique faite par et pour les hommes nous conduit à bien des constats : les élues s’engagent moins, leur mandature est rude et leur renouvellement dans la classe politique est bien plus important que chez les hommes. A bien des égards, une élue doit être résiliente pour mener son mandat.

La violence de certains propos, de certaines situations nous laisse sans voix. Et pourtant, parler est le dénominateur commun de cette semaine.

Ne jamais rien laisser passer.

« Ma mignonne » « On se retrouve à l’hôtel » « Je t’ai réservé une chambre » « Tu es là parce que tu es jeune et charmante »

Face à des propos, des actes, des façons d’être qui entravent la représentativité, nous sommes convaincu.e.s que parler, dénoncer et surtout, ne rien laisser passer est la meilleure réponse. Les situations peuvent donner à réfléchir dans un premier temps mais, nous, femmes élues des territoires, devons nous soutenir. Au nom de l’égalité, de l’humanisme, des valeurs éthiques et pour des pratiques exemplaires, nous devons créer la sororité à laquelle les femmes élues ont droit.

C’est en créant du réseau, en échangeant, en soutenant celles qui se font violemment attaquer que nous mettrons fin à ces pratiques.
C’est en se formant pour apprendre à dépasser les craintes qui nous ont été imposées que nous accompagnerons les nouvelles entrantes en politique et celles qui veulent s’engager.
C’est en parlant face aux médias, face aux élus, face aux citoyens et aux citoyennes que nous nous imposerons.
C’est en se soutenant que nous inciterons nos collègues à parler.

Elueslocales.fr soutient Dominique, Lydia, Sandrine, Christelle, Florence, Julie, Marie-Christine, Andrée et toutes celles qui ont fait face à ces situations ou à certaines autres similaires. Parce que nous ne laisserons pas tomber, nous parlerons.

Vous aussi, exprimez-vous !

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