Comment exercer son droit de réponse auprès de la presse ?

Lors d’échanges avec des journalistes, certains messages peuvent être erronés. Pire, l’axe que vous avez énoncé a été déformé au moment de la publication dans un journal local. Quelque soit l’explication de cette fausse information, il faut que vous rétablissiez votre message. Focus sur le droit de réponse.

Le droit de réponse, c’est quoi ?

Les élus sont très souvent interpellés par les médias locaux. Lors d’un échange, et quand il n’est pas préparé, entre deux réunions, un message peut être tronqué, mal interprété ou mal retranscrit. Si votre image ou votre parole est en jeu, cette diffusion peut devenir néfaste à votre image. L’utilisation du droit de réponse est donc une ouverture a ne pas négliger.


 » Le droit de réponse est régi par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Il s’applique sans exception à toutes les publications périodiques, quelle que soit la nature des faits ou des réflexions à l’occasion desquels celui qui répond a été nommé ou désigné. Le droit de réponse est un principe général et absolu dès lors qu’une personne est mise en cause dans un article. Cependant, par le contrôle qu’ils exercent sur le contenu même de la réponse, les tribunaux restreignent notablement son exercice. » – L’essentiel des droits de réponse par Jean-Marie Léger


Le droit de réponse s’applique sans exception à toutes les publications périodiques, quelle que soit la nature des faits ou des réflexions, dans lesquelles celui qui répond a été nommé ou désigné. L’intérêt est de pouvoir rectifier les propos retranscrits dans le même média afin de toucher le même lectorat.

Quand je vois le mauvais message sur le journal

Si un jour cela vous arrive, il est, tout a fait de votre droit de répondre plus rapidement sur un blog ou les réseaux sociaux. Cependant, cette forme de réponse ne suffit pas et, il est important, que vous fassiez entendre votre voix dans le journal qui a diffusé la première information. Attention, la retranscription erronée n’a peut-être pas été diffusée volontairement pour vous faire du tord, mais quelques soient vos relations avec le journaliste, faites entendre la vérité.

Je dois faire une réponse, comment je m’y prends ?

Le droit de réponse sert à compléter des propos qui ne sont pas tout à fait justes car ils sont incomplets ou alors faux. Ce droit vous permet de représenter votre version des faits, alors qu’elle est mal présentée. Si vous constatez des propos erronés vous étant associés, prenez d’abord contact avec le/la rédacteur/trice de l’article et faites lui part de votre volonté. Expliquez que vous n’êtes pas à l’origine de ce message puisque celui-ci est déformé.

Si le rédacteur ou journaliste vous demande la réponse directement, ne répondez pas au téléphone sans l’avoir pensée, et surtout envoyez la réponse par email à la rédaction concernée. Préparez votre texte, expliquez clairement ce qui vous dérange dans l’article en question et la réponse que vous souhaitez apporter. Il est important d’être très clair dans le message à diffuser, car si ce dernier a été mal retranscrit dans un premier, vos propos n’étaient peut être pas assez précis.

Rien ne sert d’entrer en conflit avec le – la journaliste. Une fois de plus, le message n’a peut être pas été diffusé en l’état volontairement, et même si cela est le cas, ce n’est pas votre problème. Votre problème est de faire entendre votre ligne politique sur la question posée.

Une fois le droit de réponse publié, diffusez le sur les réseaux sociaux et votre blog, si vous en avez un. Tous les lecteurs du journal n’ont pas forcément vu votre réponse dans la publication, et si l’article original a été diffusé en ligne, il a touché une autre part de lecteurs. D’autre part, vérifiez la diffusion du le premier article. S’il était en version « abonné » (restreint dans sa diffusion) ou public et demandez à ce que le second, dans lequel vous rectifiez le message, soit sur la même version. Idéalement, il faut que votre réponse soit publique.

Quand et comment faut-il l’utiliser ?

Ne l’utilisez jamais à outrance, seulement lorsque vos propos ont été totalement déformés par le/la journaliste, ou qu’il manque une partie essentielle pour comprendre votre pensée. Vous risquerez de ne plus être pris.e au sérieux et surtout, on ne vous interviewera plus pour éviter les risques de rectification.

Utilisez votre droit de réponse que dans un cas de projets importants, quand de fausses informations sont diffusées, ou si votre image d’élu.e est faussée. Votre temps est précieux, vous ne devez pas le passer à rectifier « des détails » qui n’apporteront pas plus d’information au débat présenté dans le journal.

Pas de réponses alors que vous êtes énervé.e.s ;)

Ne répondez pas à chaud. Les sentiments peuvent être de mauvais conseiller et répondre énervé n’a jamais permis un retour clair et objectif. Buvez un verre d’eau, respirez par le ventre et mettez de la distance au message que vous avez lu. Ensuite répondez ! Vous avez jusqu’à trois mois pour adresser votre réponse, si le journal est local, répondez dans la semaine pour ne pas revenir sur une histoire trop ancienne.

Faites-vous conseiller. Le monde de la presse locale est complexe, une réponse se prépare et, si vous avez besoin de faire une réponse, n’hésitez pas à vous entourer de personnes qui connaissent le milieu ou le dossier dont vous parlez. Votre message ne sera que mieux rédigé ou énoncé et présentera moins de risque de mauvaise diffusion.

Maintenant, à vous de jouer… mais n’en abusez pas !

Vous aussi, exprimez-vous !

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