Parité politique : le Grand-Ouest précurseur

Depuis plusieurs années, le Grand-Ouest, qui réunit la Bretagne et les Pays de la Loire, fait figure d’exception en politique : les femmes y sont nettement plus visibles. Ainsi, cette grande région voit plusieurs personnalités se détacher, parmi elles, les maires de Nantes – Johanna Rolland – et de Rennes – Nathalie Appéré – font partie des rares maires de Métropoles. Christelle Morançais, présidente depuis peut la Région fait aussi figure d’exception en étant l’une des 4 rares présidentes de Conseils Régionaux français.

Pendant près de 3 mois, nous avons donc interrogé les acteurs de la politique locale du Grand-Ouest sur la place des femmes en politique. Un sujet qui a suscité l’intérêt aux vues des retours qui nous ont été faits par les élu.e.s des Pays de la Loire et de la Bretagne. En amont de la Journée des Femmes Elues du Grand-Ouest, quels enseignements retirer sur la place des femmes en politique de cette grande région ?

Femmes elues : les maires et présidentes 

Premier constat, le nombre de femmes maires est plus important que la moyenne nationale qui est de 16%. Ce taux est en effet plus élevé dans plus de la moitié des départements des Pays de la Loire et de la Bretagne. Le pourcentage ne dépasse, cependant, jamais les 18% et vacille entre 16,5% et 17,6% pour les bons élèves. Pour les départements qui sont en de ça de la moyenne nationale, soit 4 départements sur 9, le taux des femmes maires est compris entre 10,5% et 12%. Ainsi, pour le Grand Ouest les 50% de femmes maires paraissent encore loin.

Malgré, la place des femmes maires joue un rôle la représentation des femmes politique du Grand-Ouest. En effet, 57% des interrogés considèrent que la parole des femmes politique de la région est bien portée. Un pourcentage encore plus intéressant quand on sait que ce résultat est formulé par les élus communaux qui ont pour maire une femme. En comparaison, 58% des élus municipaux – qui ont un homme comme maire – considère que la voix des femmes n’est pas bien représentée.

Ce constat se vérifie également à propos de la “qualité de la parité” – c’est à dire l’engagement pour une démarche paritaire par la liste en place ainsi que la tête du conseil – dans les collectivités (toute collectivités confondues). Lorsqu’un homme est président ou maire du conseil en place, les élus donnent une note de 4 sur 5 pour 47% d’entre eux, nous notons que le plus fort pourcentage – lorsqu’une femme est présidente ou maire de l’assemblée – qualifie la qualité de la parité de 5 sur 5. Autre résultat parlant, la note la plus basse (2 sur 5 attribuée quelle que soit la personnalité de la tête du conseil) est atteinte pour 2% des répondants dont la présidente/maire est une femme alors que ce pourcentage gagner 6 points atteignant les 8,33% lorsque c’est un homme qui préside.

Nos répondants nous apportent une information importante et très intéressante : la représentation des femmes élues dans le Grand-Ouest reste plus positive si le conseil a à sa tête une femme. Les hommes seraient-ils plus moroses ?

Femmes en politique : une reconnaissance accrue

En effet, d’après les retours de nos interrogés, les femmes peinent encore à se faire entendre. Cependant, le poids de leurs avis, au-delà de la question de l’image, finit par faire mouche. Toutes collectivités confondues, les élu.e.s répondent « oui » en majorité à la question « pensez-vous que l’avis des femmes a autant de poids que celui des hommes ? ». Cependant, plus la strate est élevée, plus les avis sont partagés, les élus départementaux et régionaux répondent à 55% alors que les élus communaux choisissent le oui à 70%. 

Pourtant, certaines élues qui témoignent d’une écoute et reconnaissance aussi forte que celles des hommes ne se voient toujours pas attribuer les délégations stratégiques. Des retours tels que « les postes clés sont souvent tenus par des hommes » ou encore « les hommes cumulent de nombreuses responsabilités ce qui nous laisse peu de marge de manœuvre » reviennent régulièrement.  

Quelques anciennes pratiques tendent à survivre et mettent à mal certaines des élues ayant répondu. Elles sont 42% a déclarer subir des remarques sexistes au cours de leur mandat. Les femmes élues se sentent l’obligation d’énoncer davantage de données que les hommes, « nous avons besoin de plus argumenter le discours pour convaincre », et quelques hommes ont d’ailleurs conscience de ce décalage « leur objectivité est mis en doute ». La politique a souvent été détenue par les hommes, nécessitant aux nouvelles entrantes de se voir déposséder de quelques idées. 

« les hommes (ceux qui ont envie de pouvoir) s’expriment plutôt après les femmes et n’hésitent pas à reprendre et reformuler ce qui a déjà été exprimé. Lorsqu’il y a une critique d’élus c’est souvent à l’encontre des femmes. »

Une élue va plus loin « les femmes sont entrées plus récemment dans l’équipe mais on sent que certains hommes – qui ont plus de proximité avec le maire – ont aussi son oreille. J’ai constaté que la quasi-totalité des adjointes a dû « avaler quelques couleuvres », ce qui n’est pas le cas des hommes, à ma connaissance ».

Si l’avis des femmes se fait entendre, les pratiques restent, elles, très ancrées et les élues locales peinent à bénéficier d’une place de choix dans la prise des décisions.

Les hommes prennent conscience du chemin à faire pour laisser place aux  femmes en politique

L’image des femmes en politique est elle biaisée par le genre ? L’expérience est, de toute façon, différente si elle est observée ou vécue par la personne politique. Focus sur les réponses des hommes à ce questionnaire.

A la question « pensez-vous que l’avis des femmes en politique a autant de poids que celui des hommes ? » ils sont 57% à avoir répondu « oui » alors que les femmes le considèrent à 67%. Les femmes semblent plus satisfaites que leurs homologues masculins de leur impact sur la politique locale. Ce résultat est semblable aux retours faits à la question « la parole des femmes politiques est-elle bien représentée au niveau régional ? » Les hommes sont d’accord avec les femmes puisque la réponse négative ressort en majorité. Ils sont 57% à considérer que cette parole pourrait être encore valorisée alors que les élues locales le perçoivent à 51%. Ici aussi, les réponses tendent vers une réponse commune mais l’écart est fort.

Pour échanger avec les élues locales du Grand-Ouest, rendez-vous à la Journée des Femmes Elues de Nantes, le 17 avril prochain

Les élus locaux ont pris conscience de l’impact des femmes en politique, ils ont d’ailleurs tendance à considérer que cette place doit encore être plus valorisée. Leurs homologues féminines, elles, en tant que nouvelles entrantes en politiques ont une vision cohérente du milieu dans lequel elles évoluent et, si elles sont plutôt satisfaites de la place qui leur est faite, l’enquête révèle qu’elles ne perdent pas de vue les changements à opérer

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