Législatives : toujours pas assez de femmes investies

Le Haut Conseil à l’Egalité femmes hommes a publié le 23 mai un communiqué faisant un bilan des investitures pour les législatives. Alors que 2017 s’annonçait comme une année de renouvellement, force est de constater que la parité n’atteint toujours pas la représentativité attendue.

Ce que disent les chiffres

Le Ministère de l’Intérieur a diffuser les chiffres concernant les investitures :

  • 3 344 candidates investies par les partis sur 7 882 au total.
  • Les femmes investies représentent 42,4% des candidats.
  • 2,4% de progression par rapport aux dernières élections de 2012 (qui avaient connu une régression de représentation de 1.6 points par rapport à 2007).
  • Il manque 7,6% de candidates pour que les loi de 2000 soient respectées par les partis.

Nous constatons donc que les partis n’investissent pas assez de femmes. Rappelons cependant que les investitures sont organisées en vue d’une élection démocratique, les législatives, afin que des hommes et des femmes représentent les français pour voter des lois qui auront un impact sans l’ensemble de la population. Ces partis même qui ne respectent pas la loi – qu’ils ont peut-être d’ailleurs proposée il y a 17 ans.

Ce que rappelle le HCE

Le constat est clair : les investitures n’ont pas respecté la loi sur la parité, pourtant, des améliorations avaient été portées.

  • Doublement des pénalités financières. Tous les partis qui n’investissent pas assez de femmes – car la question des hommes en politique ne se pose plus – se verront doubler leurs pénalités financières, selon la loi du 4 août 2014. Cette mise en place n’est, visiblement, pas assez contraignante.
  • Le non cumul des mandats, qui devient effectif au mois de juillet 2017, doit renouveler les bancs de l’Assemblée – et nombreuses autres instances – favorisant l’arrivée de « nouvelles têtes », car 80% des cumuls sont détenus, à l’Assemblée Nationale, par des hommes. Cependant, nous observons donc que « nouvelle tête » ne veut pas dire féminisation.

Alors que comprendre ? Les partis se sont affranchis des pénalités qui leur ont pourtant coûtées plus de 28 millions d’euros – total cumulé entre tous les partis – lors des dernières élections. Le HCE soulève que ce montant représente « 8% du total des dotations des partis politiques ». Concernant les pénalités, les partis ne paient pas le montant en question mais se voient être imputés de ce dernier. Ce n’est donc pas une somme dépensée.
Que faut-il en conclure ? Les dotations aux partis sont-elles trop élevées pour que les pénalités ne changent la donne ? Ou bien, les pénalités ne sont-elles pas assez fortes ?

Le cas des circonscriptions non gagnables

Sur 577 circonscriptions françaises, certaines sont des bataillons acquis depuis de nombreuses années par les partis. Traditionnellement à droite ou à gauche, les circonscriptions sont réputées pour être gagnables ou non par les partis traditionnels souvent majoritaires à l’Assemblée. Pour rajouter un « écran de fumée » sur la question des investitures paritaires, les partis trouvent la parade suivante : investir des femmes sur des circonscriptions non gagnables.

Ainsi en 2012, 40% de femmes étaient investies. Après les élections, seulement 26,9% ont siégé à l’Assemblée Nationale, soit 13,1% des candidates qui n’étaient pas sur une circonscription favorable.

Le résultat des élections, au 18 juin prochain, nous donnera plus d’informations quand à la réalité des investitures sur les circonscriptions gagnables. Ce que nous souhaitons : un véritable renouvellement des instances politiques nationales, sans axe de communication mais en tant que réel engagement.

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