Les femmes politiques qui ont marqué 2016

Drôle d’année 2016 pour les femmes politiques. Si un certain nombre de grands rendez-vous a été manqué, beaucoup de femmes ont fait parler d’elles, en bien mais aussi en mal. Des élections ont été remportées, d’autres ont été perdues, certaines se sont retrouvées mêlées à des scandales quand d’autres ont marqué les esprits par leurs actions. Retour rapide sur ces femmes qui ont marqué 2016.

Elles sont en poste

Theresa May

Celle qui a maintenant la complexe responsabilité de mener à bien les négociations du Brexit avec l’UE est arrivée au 10, Downing Street en juillet, suite à la démission du Prime Minister précédent. James Cameron avait lié son sort au résultat du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

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Plutôt tenante d’un certain euroscepticisme, Theresa May a la lourde tâche de concilier pro-Remains et pro-Brexits. Trop rapidement comparée à Margaret Thatcher car tenante d’une ligne dure en matière d’immigration et de par sa « main de fer » lorsqu’elle fut en charge du ministère de l’Intérieur, elle se rapprocherait, pour beaucoup, davantage d’Angela Merkel de par son caractère très sobre. Féministe convaincue, elle dénote au sein du Conservative Party par son engagement pro-mariage gay et ses prises de distance régulières vis-a-vis des dogmes du libéralisme.

Yuriko Koike

Depuis août, la métropole la plus peuplée du monde est dirigée par une femme. Profitant d’un scandale politique qui a obligé son prédécesseur à démissionner, Yuriko Koike est devenue la première femme gouverneure de la mégalopole japonaise. Elle doit désormais gérer le chantier monumental de l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, tout en améliorant l’image des coulisses de la politique tokyoïte, ternis par de réguliers scandales.

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Profil très atypique dans la société japonaise très policée, l’ancienne ministre de l’Environnement et de l’Intérieur a su se frayer un chemin dans le monde politique encore très conservateur et masculin japonais. Fortement féministe et favorable à une plus grande implication des femmes en politique mais aussi à une amélioration du statut des femmes dans le monde du travail au Japon, excellente communicatrice, arabisante, son positionnement à la fois pro-américain et très nationaliste, voire révisionniste, peut surprendre.

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Margrethe Vestager, bol d’air de la Commission Européenne ?

Margrethe Vestager

La nouvelle meilleure amie des géants d’Internet comme Apple et Amazon mais aussi de multinationales comme McDonalds a presque réussi l’exploit de redorer le blason de la Commission Européenne par sa lutte féroce contre les rulings illégaux d’Etats membres de l’UE.

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Arrivée en novembre 2014 à Bruxelles, l’ex-ministre danoise des finances a rapidement multiplié les coups d’éclat, épinglant Apple, Starbucks, Fiat, une trentaine de multinationales implantées en Belgique, Google, EDF… Incarnant l’expression « une main de fer dans un gant de velours », femme vive et très naturelle rompant considérablement avec le cliché du fonctionnaire européen terne et ennuyeux, elle est le visage d’une Union Européenne qui souhaite durcir le ton suite aux scandales successifs des LuxLeaks ou des Panama Papers.

Elles ont tenté, ça n’a pas marché

Hillary Clinton

Difficile de ne pas voir en elle la grande déception de la cause des femmes en politique de l’année, et pour longtemps… Grande favorite selon les médias et les « experts », celle qui devait remporter aisément la présidence de la première puissance mondiale s’est pourtant laissée surprendre par l’OVNI Donald Trump.

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Initialement portée par un réel engouement autour d’une solide expérience du milieu politique et de la diplomatie et d’une personnalité qui séduisait, la dynamique d’Hillary Clinton s’est rapidement détériorée à cause d’une chronique judiciaire mal maîtrisée autour de l’utilisation d’un serveur qui a instillé dans les mentalités une image de « menteuse ». La concurrence surprenante de Bernie Sanders qui a su proposer un projet enthousiasmant à la jeunesse américaine et surtout aux jeunes femmes américaines – public ciblé par Hillary Clinton -, et une étiquette de « produit de l’establishment américain » et de collusion avec le monde de la finance, ont fini par avoir raison de la candidature d’Hillary Clinton.

Nathalie Kosciusko-Morizet

La seule femme candidate à la Primaire de la droite et du centre a failli ne pas réussir à réunir les parrainages nécessaires pour se présenter, mais a bénéficié de l’assistance de certains candidats comme Alain Juppé pour réunir les précieux sésames.

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Peut-être la plus centriste des candidats en lice, elle a su tirer son épingle du jeu lors des débats où, malgré son faible temps de parole, elle a réussi à proposer un projet qui lui a permis de finir à la 4ème place lors du premier tour. Le score demeure, certes, faible (2,6 %), mais on peut y voir un signe encourageant pour les femmes engagées dans un parti souvent égratigné pour son manque d’ouverture vis-à-vis de ses militantes.

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Isatou Touray, première femme candidate de l’histoire gambienne

Isatou Touray

Première femme de l’histoire gambienne à se présenter aux élections présidentielles, cette experte en développement qui dirige une association qui lutte contre les mutilations génitales féminines, s’était présentée comme candidate indépendante.

Si elle s’est depuis retirée afin de soutenir la coalition d’opposition qui souhaite parvenir à battre le président sortant Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans et qui brigue un cinquième mandat, nul doute que cette candidature est un signe fort dans un pays encore très patriarcal où seulement 31 % des femmes savent lire et écrire et où il n’y a que 2 femmes à l’Assemblée.

Nana Konadu Agyeman-Rawlings

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Nana Konadu Agyeman-Rawlings, première femme candidate de l’histoire ghanéenne

Ancienne First Lady lorsque son mari Jerry Rawlings était président du Ghana, Nana Konadu Agyeman-Rawlings a inspiré les femmes ghanéennes pendant près de 3 décennies et est devenue la première femme à se présenter aux élections présidentielles du Ghana.

Régulièrement comparée à Hillary Clinton puisqu’elle est elle aussi une ancienne First Lady, elle est fortement engagée dans la protection des droits des femmes, fondatrice du 31st December Women’s Movement, organisation qui lutte contre la pauvreté des femmes et des enfants. Hélas, comme Hillary Clinton, elle a perdu l’élection face à Nana Addo Dankwa Akufo-Addo.

Elles auraient préféré qu’on ne parle pas d’elles

Christine Lagarde

C’est l’actualité chaude du moment : Directrice Générale du FMI depuis juin 2011, l’ancienne ministre de l’Économie, des Finances et du Travail (2007-2011) a été rattrapée par l’affaire de l’arbitrage en faveur de Bernard Tapie qui aurait permis un détournement de fonds publics de 403 millions d’euros pour mettre un terme à neuf procédures judiciaires ouvertes depuis 1993 sur fond de dossier Tapie-Adidas.

Reconnue coupable de « négligence » par la Cour de justice de la République (CJR), elle avait négligé d’ordonner un recours en annulation, une procédure pourtant courante qui « aurait sans doute permis de découvrir la fraude ». Alors que l’arrêt indique que Christine Lagarde a été « rendue coupable de négligences constitutives de fautes pénales », elle a cependant été dispensée de peine, alimentant immédiatement les critiques sur une « justice à deux vitesses ».

Park Geun-Hye

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Park Geun-Hye, présidente sud-coréenne destituée suite à un incroyable scandale

C’est le scandale politique étranger qui a marqué cette fin d’année : le « Choigate », nom donné à ce vaste scandale qui a mis en évidence les liens vieux d’une quarantaine d’années entre Park Geun-Hye, présidente de la Corée du Sud, et Choi Soon-sil, femme d’affaires revendiquant des pouvoirs chamaniques et proche de la famille depuis de longues années.

Comparée à une nouvelle Raspoutine, Mme Choi aurait eu accès à de nombreux documents confidentiels sur la politique nationale grâce à ses relations avec la présidente Park Geun-Hye et aurait grandement influencé la politique de celle-ci. Accusée de « corruption, d’abus de pouvoir et d’infractions à ses obligations constitutionnelles », la présidente sud-coréenne a été destituée par l’Assemblée du pays après des semaines de très fortes contestations émaillées de révélations chaque jour plus accablantes pour la présidente.

Virginia Raggi

Élue mi-juin à la mairie de Rome, après une campagne triomphale menée sur le thème de la lutte contre la corruption, Virginia Raggi a rapidement déchanté suite à une nomination « malheureuse » : à son arrivée en fonctions, elle nomme Raffaele Marra dans son cabinet, suscitant de nombreuses protestations. Pourquoi ?  Alors responsable du patrimoine immobilier de la commune en 2013, il est depuis fortement soupçonné de corruption . Forcée de reconnaître publiquement son erreur face à la gronde et de s’excuser, la Maire de Rome a vu les multiples enquêtes aboutir à l’arrestation le 16 décembre de Raffaele Marra, situation ternissant considérablement  les principes d’honnêteté et de transparence affichés par le Mouvement 5 étoiles dont est issue Virginia Raggi.

Myriam El-Khomri

Visage d’une loi travail qui a tendu les débats et fait imploser la majorité parlementaire, la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social a dû défendre un texte rejeté à gauche comme à droite dans un climat particulièrement hostile.

Bonus : elle a fait exploser un plafond de verre

Nathalie Boy de la Tour

Elle a surpris tout le monde : Nathalie Boy de la Tour a été élue à la tête du monde extrêmement conservateur et masculin du football français. Elle a su profiter du mentorat de Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais et très engagé dans la réussite de sa section féminine, mais aussi de circonstances particulières avec le net rejet du candidat présenté, Raymond Domenech, par le conseil d’administration.

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En résumé, malgré une grande occasion manquée aux Etats-Unis, on a vu en 2016 des femmes politiques incontournables émerger sur la scène nationale et internationale. Tous nos encouragements à celles qui tenteront à leur suite de percer le plafond de verre en 2017 !

 

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