Vie d’élue : Je suis élue ET j’ai plein de temps pour moi

Conseil : comment avoir plein de temps pour soi quand on est élue ?

« Le temps, c’est un problème. Je ne m’arrête jamais, par exemple, dans le train, j’ai dû valider des docs pour mes agents qui doivent être distribués lundi au conseil municipal (on est vendredi), et bien sûr, on m’envoie ça le vendredi à 15h, donc je dois répondre tout de suite. Et c’est comme ça tout le temps : je cours après le temps, je dois pouvoir répondre en permanence à des sollicitations, donc être tout le temps disponible, et je n’ai pas de temps pour moi. »

« Je dois aller au conseil municipal et le jogging de mon ado est sale pour le sport du lendemain. Qu’est-ce que je fais ? Je m’occupe du jogging ? Je vais au conseil municipal ? Je me sens coupable, mais je vais au conseil municipal. »

Le problème du temps, c’est bien sûr l’un des grands problèmes que vous rencontrez toutes et tous dans votre vie d’élu.e. Et si vous travaillez, c’est pire : le job, la famille, et le mandat, vous êtes nombreuses à nous dire que vous avez l’impression de « tout mal faire ». Pas de panique, c’est normal.

  1. « Il y a tout le temps des imprévus » : Prévoyez les imprévus

Question : si votre médecin vous diagnostiquait un risque d’AVC important et vous imposait de ne travailler que 4 heures par jour, comment feriez-vous ?

Vous travailleriez 4 heures par jour.

Et s’il vous imposait de ne pas dépasser 2 heures par jour ? Vous enlèveriez beaucoup de choses de votre agenda, et vous travailleriez 2 heures par jour.

A ce stade, vous allez me dire « je quitte mon job, je démissionne de mon mandat, je me consacre à ma famille ». Oui, bien sûr…mais vous avez saisi l’idée.

Si vous êtes disponible quand votre DGS vous appelle pour valider une décision en précipitation le vendredi à 15h et qu’il ou elle a besoin de votre retour à 16h, c’est que quelque chose a planté sur le chemin. Oui, il y a des imprévus de dernière minute. Mais pour tous les projets que vous conduisez pour votre ville, qui sont des projets importants, il ne doit pas y avoir d’imprévus de dernière minute. Les premiers mois, vous avez appris comment ça marchait. Les premières fois, vous avez compris qu’il fallait 8 allers-retours entre vous et les services pour que tout soit validé, ou qu’il fallait envoyer 5 mails pour avoir tel doc, ou qu’il fallait inviter les gens 3 semaines à l’avance et faire 3 relances pour qu’ils viennent à votre réunion. Vous pouvez prévoir tout ça dans votre agenda et ne pas être disponible pour les imprévus. Et vous pouvez avoir des « créneaux de validation » : que les autres s’adaptent à votre agenda, et pas vous au leur.

  1. « Tout le monde veut tout le temps me parler » : oui mais vous avez un rendez-vous

 » Je me promène dans la rue/je fais mes courses/je rentre chez moi et là, un « administré » (comme on dit) me voit et me saute dessus parce qu’il/elle a une question, et ça peut durer 30 minutes… »

Bonne nouvelle : d’autres ont trouvé la solution pour vous.

Les élues qui nous parlent de ça racontent la chose suivante :

1) Elles écoutent le problème de cette personne et l’assurent que son problème a été entendu,

2) Elles lui laissent leur carte et demandent à la personne de leur envoyer un mail récapitulatif pour pouvoir le transférer au service compétent ou à l’élu.e qui s’occupe du sujet

3) Et elles expliquent qu’elles doivent y aller parce que leurs enfants les appellent depuis 5 minutes/ parce qu’elles ont un dossier du conseil municipal à relire/parce qu’elles ont un rendez-vous…

  1. « Maman n’est jamais là et ne s’occupe pas de nous » : mais vous êtes grands non ?

La culpabilité parce qu’on n’est pas assez disponible pour ses enfants, on connaît toutes. Pour en savoir plus sur ce sujet, c’est ici, et la première chose à garder en tête sur ce sujet, c’est ça :

Oui, ils vont partir. Et ils se débrouilleront très bien sans vous. Pour leur soirée télé, pour leur jogging, pour tout le reste. Bien sûr, à 3, 6, 12, 15 ans, ils ont besoin d’attention, de conseils, de cadre. Mais ils vont aussi vous réclamer, exagérer, râler, et vous faire parfaitement culpabiliser (parce qu’ils savent toujours appuyer là où ça fait mal) dans pas mal de situations dans lesquelles finalement ils se débrouilleraient très bien sans vous.  Les moments où ils ont vraiment besoin de vous, vous les reconnaissez entre mille, et vous serez là. Et dans les 999 situations restantes, un seul mantra : l’autonomie va leur faire du bien ; avoir une mère élue, engagée, visible, mobilisée, ils ne le disent jamais, mais c’est un superbe modèle pour eux, une fierté sans doute dès que vous avez le dos tourné. Vous allez faire des arbitrages, choisir l’option qui vous parle le plus à l’instant t (et qui peut changer d’un jour à l’autre), faire au mieux, et ça sera très bien comme ça !

 

  1. En résumé

Etre élu.e, ce n’est pas être disponible at vitam eternam pour écouter les doléances des gens. C’est pouvoir écouter tout le monde, et avoir aussi du temps pour soi pour se ressourcer et rester opérationnelle ! Un mandat, c’est épuisant : ménagez-vous, préservez-vous, et si cela implique que les gens autour de vous soient mieux organisés pour bien rentrer dans votre agenda, c’est un excellent axe de travail pour tout le monde :)

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