Ville écologique : Nantes a le vent en poupe

 

modul-air-eiffage-ville-2030-1200x675« Les villes croissent trop vite. Cela va accroître les problèmes de la ville, mettre la pression sur nos précieuses ressources et sur nos infrastructures déjà fragiles. Le temps nous est compté et nous devons changer, penser long terme et non court terme » (Janez Potocnik, commissaire européen pour l’environnement). Les villes doivent vite intégrer les problématiques de développement durable et beaucoup ont déjà pris ce virage.

Exemple français d’une politique publique conciliant avec réussite développement durable et modernisation urbaine, unique et première ville française élue « Capitale verte de l’Europe », Nantes est la vitrine du développement durable en ville à la française.

Focus sur une ville qui a pris à bras le corps la problématique du développement durable.

Transition énergétique, le grand enjeu

 

Depuis une dizaine d’année, un ambitieux programme de lutte contre le changement climatique a été mis en place. Son objectif est de réduire de 30 % ses émissions de CO2 par habitant d’ici à 2020 dans trois secteurs : résidentiel, transports et tertiaire, soit les trois sur lesquels la ville a vraiment la main.

1. Travail sur l’isolation

Un vaste programme d’isolation des bâtiments a été lancé afin de limiter la production de chauffage. L’essentiel du parc étant des bâtiments privés, un travail avec les copropriétés a donc engagé. Des conseillers climat ont donc été dépêchés pour expliquer aux copropriétaires à quels mécanismes d’aides ils pouvaient recourir et la façon dont ils pouvaient monter les dossiers. Avec l’aide d’un bureau d’étude, les ensembles de logements les plus mal lotis et les plus à même d’engager les travaux ont été identifiés.

Initiée il y a 3 ans, l’identification des lieux s’est déroulée en même temps que la formation des agents de la ville. Ainsi, la durée moyenne de passage à l’acte est maintenant de trois ans. En mars 2016, 32 copropriétés (3300 logements) ont été accompagnées, 23 ont voté l’audit, 5 sont en phase de maîtrise d’ouvrage et 2 en phase de travaux.


Malakoff tour de Madrid

Exemple avec la réhabilitation de la tour de Madrid : à l’extérieur, l’isolation des façades a été renforcée avec de la laine de roche recouverte d’un bardage en aluminium. Ce manteau thermique de dix centimètres d’épaisseur permet d’en finir avec les pertes de chaleur. Sur le toit, des panneaux solaires ont été installés. Dans chacun des 82 logements, les fenêtres ont été remplacées et les loggias fermées. Le gain énergétique, après la rénovation, atteint 70 %, proche d’un niveau BBC avec une consommation de 66kWh/m²/an. Les locataires enregistrent ainsi sur leur facture d’énergie (chauffage et eau chaude) une économie d’environ 250 € par an.


Parallèlement, 1268 logements sociaux ont été réhabilités entre 2007 et 2010. Nantes Métropole a également soutenu la réhabilitation de 628 logements dans le Sillon de Bretagne (plus grand HLM de l’ouest de la France, constituant un quartier à lui seul).  L’immeuble consomme désormais 48 kWhep/m²/an contre 175 kWhep/m²/an avant la rénovation. Et les terrasses accueillent 735 m² de panneaux solaires afin d’assurer 50 % de la production d’eau chaude.

2. Énergies vertes

Nantes et de Nantes Métropole ont fait le choix du développement des réseaux de chaleur pour sa politique publique de l’énergie. Alimentés par des énergies renouvelables (bois ou déchets), les réseaux de chaleur réduisent les émissions de gaz à effet de serre et permettent de limiter la hausse du prix de l’énergie pour un maximum d’habitants et de lutter contre la précarité énergétique.

Les objectifs :

  • Plus de 100 km de réseaux de chaleur à l’horizon 2017
  • Près de 45 000 logements raccordés
  • Soit 50% des logements sociaux de Nantes à l’horizon 2017

stade athlé nantesAutre énergie utilisée : le solaire. Le parc photovoltaïque sur l’Île de Nantes produit ainsi 190 000 kWh/an (consommation électrique de 72 ménages). De plus, une centrale photovoltaïque de 4 000 m² a été installée sur le toit du nouveau stade d’athlétisme couvert livré en 2013, l’idée est de produire plus de deux fois ses besoins en énergie qu’il n’en consommera.

En parallèle, un important travail de sensibilisation à l’économie de l’eau est effectué, une sensibilisation qui porte ses fruits : à Nantes, chaque habitant consomme en moyenne 30 litres d’eau de moins chaque jour qu’à l’échelle nationale.

Transports doux, repenser la mobilité

 

Depuis des années, Nantes met en place une politique de transports doux qui favorise la mobilité durable avec un double objectif : contribuer à améliorer le cadre de vie des habitants et faciliter les déplacements.

 

navibusSur les dix dernières années, la ville a développé ses transports publics (tramway électrique, vélos…) et aménagé son centre-ville pour favoriser les modes de transport alternatifs à la voiture. Résultat : tous les indicateurs de qualité de l’air sont au beau fixe. Les émissions de CO2 ont même été diminuées, pour atteindre aujourd’hui 4,77 tonnes par habitant (par comparaison, Paris émettait 5,04 tonnes de CO2 par habitant en 2009). L’objectif de la mairie est de les réduire d’encore 25% d’ici à 2020. Sur du long terme, cette politique de déplacements visera les moins 50% d’émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2030.

La ville s’équipe par ailleurs de plus en plus en véhicules électriques et ouvre la voie aux particuliers. Nantes a ainsi mis place un réseau de bornes de recharge réparties dans la ville. Les propriétaires de véhicules électriques peuvent recharger leur véhicule, le temps d’une pause, avant de reprendre la route. Ceci devrait encourager le renouvellement du parc automobile en faveur des voitures électriques, dont le prix est devenu plus accessible du fait des incitations publiques.

130 millions de voyageurs empruntent son réseau chaque année et la municipalité souhaite désormais « équiper la ligne de busway, de nouveaux véhicules de plus grande capacité, et entièrement électriques » mais aussi continuer l’investissement en faveur des déplacements plus soft, comme le vélo : 485 kilomètres de pistes cyclables sont aménagés actuellement, prêts à accueillir environ 2 500 vélos en location d’ici 2020. Une nouvelle pratique a été initiée et rencontre un certain engouement : le bike sharing. Il s’agit du réseau de vélos publics baptisé « Bicloo » qui est disponible en libre accès pour quelques euros seulement, et dont la première demi-heure est gratuite.

Station de tramway Duchesse Anne

La mobilité au sein de la métropole est organisée autour de plusieurs principes :

  • Nécessaire synergie entre les politiques de développement urbain et des déplacements ;
  • Favoriser la création de zones dites « apaisées ». Objectif ? Donner la priorité à la marche et au vélo tout en modérant la place de la voiture et sa vitesse là où la vie urbaine est intense ;
  • Encourager la combinaison des modes et des réseaux ;
  • Accompagnement des nouvelles pratiques de mobilité ;
  • Coopération avec la Région et le Département pour aborder des projets communs.

Ainsi, depuis 2009, la ville a été récompensée de son action par plusieurs prix Civitas : ceux-ci sont décernés par l’initiative Civitas (pour City, Vitality et Sustainability), initiative co-financée par l’UE et qui promeut les modes de transports écologiques auprès des villes européennes. Ce prix permet de mettre en valeur les efforts les plus méritoires, ambitieux et fructueux dans le domaine des transports urbains écologiques.

Qualité de vie et urbanisme responsable

 

Aspect essentiel mais rarement prioritaire, l’ambiance urbaine, ou la qualité de vie plus simplement, est pourtant un des piliers du développement durable. On note partout un rejet grandissant du tout-béton qui a marqué l’urbanisme pendant de longues décennies, les espaces verts gagnent à nouveau du terrain dans de nombreuses villes à tel point qu’ils deviennent centraux dans certains projets de quartiers.

Ainsi, la ville installe aussi progressivement des éco-quartiers, ce qui consiste à aménager les lieux selon les exigences du développement durable. Ceux-ci font la promotion de nouveaux modes de vie, d’un développement territorial équitable et raisonné et d’une utilisation économe des ressources et de l’espace agricole ou naturel, dans les villes, grandes, petites ou moyennes, urbaines et rurales (réduction des consommations énergétiques, meilleure gestion des déplacements, biodiversité favorisée…). Objectif : construire « une éco-métropole, qui place la qualité, notamment en termes de transition énergétique, au centre de tous les projets urbains », selon la Maire.

Nantes avait déjà été nommée « ville la plus agréable à vivre en Europe » par le Time Magazine en 2004, l’élection de Nantes comme Capitale verte de l’Europe en 2013 a récompensé le travail visant à instaurer une qualité de vie exceptionnelle et donc l’engagement mené depuis de nombreuses années en faveur du développement durable.

Son modèle urbain conciliant croissance économique, développement des services collectifs et agrément du cadre de vie, la municipalité a fait le choix d’associer la nature à son développement urbain : 100 000 arbres sont plantés dans la ville, on compte près de 3 hectares de surfaces fleuries, 100 parcs, tous les espaces publics sont gérés sans produits phytosanitaires, il y a 250 kms de cours d’eau, les rives de la Loire et de l’Erdre sont aménagées pour les promeneurs…

Les critères à surveiller pour un bon cadre de vie :

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • Équilibre entre espaces urbanisés et espaces naturels ;
  • Surface d’espaces verts par habitant ;
  • Organisation des transports doux et collectifs ;
  • Préservation de la biodiversité ;
  • Qualité de l’air ;
  • Lutte contre la pollution sonore ;
  • Gestion de l’eau et des déchets ;
  • Management environnemental ;
  • Communication à destination des habitants, entreprises, touristes et partenaires.

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