Besoin de faire des économies ? Pensez aux logements sociaux écolos !

En 2009, le Grenelle de l’environnement instaurait un objectif de 800 000 logements sociaux à rénover d’ici 2020. Au 2/3 du parcours, on retiendra que de nombreux projets et initiatives voient le jour.

Immeubles « passifs », toits végétalisés ou solaires…, l’idée est de réaliser le maximum d’économies sur le chauffage et l’eau par une meilleure isolation, une récupération de l’eau du toit, ou l’utilisation de meilleurs matériaux garantissant une meilleure étanchéité combinée à l’utilisation de cheminées rayonnant dans tout le logement. Les fameuses maisons « positives » vont produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment, l’excédent sera réinjecté dans le réseau de distribution public.

Les résultats semblent unanimes : ça marche !

Norme BBC : Bâtiment Basse Consommation

Issue du Grenelle de l’environnement, la norme BBC impose une batterie de mesures qui vont permettre d’obtenir le label BBC. Le but : que la consommation en énergie primaire d’un bâtiment de basse consommation soit inférieure de 80% de la consommation réglementaire normale (réglementation thermique 2012 RT2012).

Ce label concernant tous les types de bâtiment, il peut donc naturellement s’adresser aux logements sociaux. Il va tourner autour de 3 principes :

  • performance énergétique : économies non négligeables en électricité et en chauffage ;
  • bien-être et santé : utilisation de matériaux non toxiques, naturels et recyclables ;
  • respect de l’environnement : produit un minimum de déchet réduisant son impact écologique.

Pour remplir ces objectifs,  il va falloir bien penser la conception :

  • Penser la construction en fonction de l’orientation, du terrain, du climat. Une bonne exposition au soleil permet, par exemple, de réduire les dépenses liées au chauffage ;
  • Penser l’inertie thermique (capacité du logement à emmagasiner de la chaleur lors des périodes d’hiver, la fraîcheur l’été). On pourrait citer l’utilisation des fibres de bois, du liège…
  • Le logement devra être parfaitement ventilé : supprimer les infiltrations d’air, favoriser la lumière naturelle, limiter la surchauffe durant l’été. On pensera là à la ventilation double flux ;
  • Enfin, le chauffage et la production de l’eau chaude sanitaire devront provenir de l’énergie renouvelable (chauffe-eau thermodynamique, solaire…).

Ainsi, les logements sociaux pensés par rapport à cette norme permettent de considérables économies pour des ménages qui pouvaient être en situation de précarité énergétique : bien penser l’étanchéité et l’isolation permettrait d’éviter les pertes de chaleur et diminuer sa facture à 1 € par jour ! De la même manière, la récupération de l’eau du toit pour les toilettes et la salle de bain permettrait de réduire de 65 % sa facture d’eau.

Logements sociaux faiblement consommateurs en énergie, l’exemple de le Chênelet 

Association dans le Nord-Pas de Calais, Le Chênelet travaille à la réinsertion de personnes en difficultés en les impliquant dans la construction de logement sociaux écologiques. Les travailleurs en seront les futurs résidents.

Le ChêneletAu-delà d’aider à la réinsertion en permettant d’acquérir une expérience par un travail valorisant, le projet est aussi basé sur la réutilisation de matériaux locaux : une partie du bois utilisé provient de forêts voisines inexploitées depuis longtemps, les briques d’argiles viennent d’une ancienne mine (non cuites, elles permettent aux murs intérieurs d’emmagasiner la chaleur du poêle à bois chauffant pendant 2 heures et la restitue ensuite pendant 24h), l’isolation est faîte grâce à la cellulose d’anciens annuaires téléphoniques. Ainsi, la facture de chauffage est réduite à seulement 70 € par mois !

En plus du projet de construction, les maisons du hameau sont entourées de potagers biologiques cultivés par les résidents.

Lier formation et construction de logement social, l’association 3PCO

En 2011, l’association 3PCO (jeune association de chantiers de formation en écoconstruction) lance à Loudun (86) le projet de rénover un logement privé et vacant pour qu’il soit loué en « bail très social ».

3PCOSous la forme de chantier participatif de formation ( ouverts à toute personne souhaitant apprendre en pratiquant tout en participant à l’amélioration d’un bien à usage social), ce type de projet de réduire « de plus de 50 % le coût de mise en oeuvre de techniques constructives particulièrement intensives en main d’œuvre, et donc souvent hors de portée économiquement pour la rénovation d’ouvrage à usage social », ainsi que l’avance l’association.

Financé par des prêts solidaires (remboursés dans le temps sur la mise en bail), le soutien du Fond Social Européen et une campagne de financement solidaire,  l’objectif était de drastiquement réduire la facture énergétique par :

  • la rénovation et l’amélioration thermique de façon écologique ;
  • la redistribution des pièces intérieures ;
  • l’amélioration de l’isolation des murs de la toiture ;
  • la mise en place d’un système de chauffage performant.

Le but : « En associant ainsi les ressources du plus grand nombre à l’énergie des stagiaires et formateurs des chantiers, nous espérons parvenir à finaliser ce projet de rénovation, et ainsi boucler la modélisation d’une forme originale de coopération pour l’habitat social et écologique, en vue de la répliquer ».

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