Égalité homme-femme : la France toujours mauvaise élève

25 août 2016. Dans un communiqué de presse, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes s’inquiète d’un chiffre embarrassant illustrant une situation encore plus gênante pour la patrie des Lumières et des droits de l’Homme : la France vient de rétrograder de la 36ème (place déjà pas très brillante en 2012) à la 60ème place dans le classement international de la parité établi par l’Union interparlementaire (organisation mondiale des parlements des États souverains).

parité is not coming

La France se classe ainsi juste entre l’Irak et le Pérou, très loin du Rwanda qui domine ce classement avec 63,8% de femmes. Plus de 15 ans après la révision constitutionnelle de 1999 ayant permis les lois dites de parité, voici encore une preuve que les hommes ont encore beaucoup de mal à laisser de la place aux femmes en politique (et dans bien d’autres domaines d’ailleurs…).

Un constat sans appel

Plusieurs chiffres font mal. Tout d’abord, à l’Assemblée nationale, parlement censé représenter le peuple et l’ensemble du peuple, les femmes élues ne représentent même pas un tiers des députés (26,2 %) alors que les derniers recensements indiquent plus de femmes que d’hommes au sein de la population française (51,5 %).

assemblée nationale

Au sein des territoires et des EPCI, la situation n’est guère plus reluisante. Dernières assemblées locales où les contraintes paritaires ne s’exercent que pour l’élection des conseillers communautaires des communes de plus de 1000 habitants (soit seulement 26,3% des communes) et aucune contrainte pour les exécutifs, aucun profond progrès serait visible, les hommes gardant largement le contrôle de la gouvernance…

  • A peu près 8 % de femmes présidentes. Contre 10 % à la tête des conseils de départements ou des nouvelles régions (23 %) ;
  • Près de 25 % d’exécutifs exclusivement masculins ;
  • Seulement 8 % des exécutifs d’EPCI tendent vers la parité (c’est à dire avec plus de 40 % de femmes).18 % de femmes

Des stratégies de parti critiquables (et critiquées)

 

En cause, des hommes politiques locaux solidement attachés à leur pouvoir, mais pas que. Dans son communiqué, le HCE rappelle une des nouvelles dispositions amenées par la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et appelle à un vrai changement :

  • La loi d’août 2014 sur l’égalité femmes/hommes prévoit, à partir des législatives de 2017, le doublement des sanctions financières imposées aux partis politiques qui ne présentent pas un nombre égal de femmes et d’hommes candidats;

 

  • les formations politiques doivent non seulement présenter au moins 50% de femmes candidates, mais aussi et surtout à veiller à ne pas réserver aux hommes davantage qu’aux femmes les circonscriptions réputées gagnables.

En ligne de mire, certaines « stratégies » au moment des investitures et, notamment, celle de l’UMP aux législatives de 2012 : le parti présente alors moins de 30 % de femmes au scrutin. Celui-ci avait déjà reçu un bonnet d’âne lors des élections cantonales de 2011 après avoir présenté plus de 1 000 candidats, avec 18,6 % de femmes investies et 11,7 % d’élues.

L’ex-patron de l’UMP, Jean-François Copé, s’était alors défendu en expliquant avoir dû « avec regret » présenter beaucoup plus d’hommes car ceux-ci souhaitaient se représenter et, compte tenu de leur ancrage territorial plus ancien, avaient davantage de chances de l’emporter :

« Je plaide coupable avec regret. C’est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile dès lors que nous avions 317 députés sortants, et qu’une bonne part d’entre eux se représentent et ont un ancrage très remarquable sur le territoire, il était extrêmement difficile de les sacrifier. Voilà pourquoi j’ai pris, avec mes amis de l’UMP, cette décision qui nous coûtera en termes d’amende [environ 4 millions d’euros d’amende pour non-respect de la loi sur la parité]. Chacun doit comprendre que dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir un maximum de députés et cela passe par le poids, l’ancrage local de beaucoup d’entre nous. Pourquoi la situation est aussi difficile pour nous ? C’est parce que nous avons beaucoup d’hommes sortants et qu’ils ont marqué par leur travail un ancrage très fort sur le territoire ». (micro de RMC/BFM TV lundi 21 mai).

A partir de 1,42

 

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