Femmes dans les instances dirigeantes : un rapport déplore une « féminisation à deux vitesses »

Une enquête sur la place des femmes dans les entreprises et dont le rapport d’ONU Femmes France, réalisée par Gaïa Rating et Ethifinance vient de paraître. Ce rapport, préfacée par Pascale Bracq, vice-présidente en charge des partenariats du comité national de l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes France) constate l’existence d’un véritable plafond de verre pour les femmes dans les fonctions dirigeantes. Selon les projections établies, la parité dans les grandes entreprises, au sein de l’ensemble de la hiérarchie, ne serait atteinte qu’en 2041.

La féminisation des entreprises, un bilan contrasté

La loi Copé-Zimmerman, promulguée en 2011, qui a imposé des quotas au sein des conseils d’administration et de surveillance, a permis une féminisation rapide des entreprises. Elle a fixé un quota obligatoire de 40% de femmes (correspondant à la part des femmes dans l’effectif total) dans les grandes entreprises. Selon les chiffre de Gaïa Rating, le pourcentage des femmes dans les conseils d’administration est ainsi passé, grâce à cette loi, de 18,2% en 2011 à 34,3% en 2016. Le quota de 40% devrait être atteint cette année.

Mais cette féminisation « par le haut » proposée par cette loi n’est malheureusement pas suffisante. En effet, d’autres secteurs hiérarchiques dans les entreprises n’ont pas suivi cette tendance. La part des femmes dans les comités exécutifs n’a que très peu évolué ; passant de 11,3% à 14,7% en 2016. A ce rythme, il faut attendre 2038 avant d’atteindre les 40%. La part des femmes dans le middle management reste aussi très problématique. Si elle est plus élevée que les autres en 2011 (32,8%), elle est quasi-stagnante (33,4 % en 2016), si bien que les projections montrent que l’objectif de parité ne serait pas atteint avant 2041.

Des entreprises mènent leur propre politique en faveur de la parité

Afin d’encourager une féminisation plus effective, le rapport met en avant des exemples à suivre. L’entreprise Vilmorin, en réalisant sa propre politique en faveur de la diversité, est présentée comme le meilleur modèle. Suivent ensuite 6 exemples de bonnes pratiques illustrées chacune par une entreprise : TF1 avec ses formations en faveur de l’égalité femmes-hommes, Sopra Steria qui a su créer un véritable réseau professionnel féminin dans un secteur pourtant majoritairement masculin ou encore Wavestone qui a mené une politique très aboutie d’accompagnement de la parentalité.

Le rapport se conclut en rappelant l’importance de mener ce combat. Le processus sociétal de féminisation des entreprises est étroitement lié aux 17 Objectifs du Développement Durable (ODD). Plus récemment, le « risque de réputation », encouru par les entreprises les plus inégalitaires, devrait aider à accompagner ce processus. La pratique « name and shame » aux conséquences imprévisibles, pourrait, en effet, les y contraindre.

Lire le rapport « Féminisation des instances de direction : en attendant 2041 »

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