France : un leadership au féminin en retard

Dans les traces d’Angela Merkel en Allemagne, les femmes politiques commencent à s’imposer dans les plus hautes sphères un peu partout dans le monde occidental. Virginia Razzi vient de remporter les élections municipales à Rome, Hillary Clinton va être investie candidate pour les élections présidentielles américaines (dont elle est peut-être la favorite). Suite au chaos institutionnel résultant du Brexit, deux femmes visent respectivement la succession de David Cameron (Prime Minister) et de Jeremy Corbin (leader du Labour) : Theresa May et Angela Eagle. Dans le même temps, 4 femmes sont candidates à la succession de Ban-Ki-Moon à l’ONU (Irina Bokova, Helen Clark, Natalia Gherman et Vesna Pusic).

Alors que se profilent les primaires du parti Les Républicains et, peut-être, celle d’une partie de la gauche, rares sont les femmes politiques françaises à pouvoir espérer tirer leur épingle du jeu.

Les femmes politiques à l’assaut dans le monde anglo-saxon

Si la candidature à l’élection américaine d’Hillary Clinton fait très probablement d’elle la femme politique la plus en vue actuellement, c’est le monde anglo-saxon dans son ensemble qui connaît une arrivée importante de femmes aux postes-clés.

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Le Brexit, au-delà des conséquences possibles ou fantasmées pour le royaume, a dans l’immédiat considérablement bouleversé le paysage politique britannique. Le premier ministre d’une Ecosse aux pouvoirs élargis Nicola Sturgeon (ancienne avocate de 45 ans) n’a pas hésité à faire entendre sa voix en affirmant la fidélité de l’Ecosse à l’UE. En Irlande du Nord, on retrouve également une femme aux commandes, Arlene Foster. C’est en Angleterre que les conséquences politiques sont les plus marquantes : David Cameron ayant annoncé sa future démission, Theresa May (anciennement à la tête du Home Office) est considérée comme la principale favorite à sa succession comme Prime Minister. Chez leurs adversaires du Labour, c’est également une femme qui est pressentie pour succéder à un Jeremy Corbin très fragilisé : Angela Eagle.

Une France encore en retard

Si la position de Christine Lagarde à la tête du FMI (fragilisée par la chronique judiciaire de l’arbitrage Bernard Tapie-Crédit Lyonnais) ou de Marine Le Pen aux commandes du FN peut laisser penser que le leadership au féminin a le vent en poupe en France, elles pourraient n’être que les arbres qui cachent la forêt. Rapide tour d’horizon.

NKM

Chez Les Républicains, à quelques mois d’une primaire à l’issue plus incertaine à chaque sondage, seules deux femmes sont candidates
(contre 10 hommes en attendant l’officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy). Malgré son fort caractère et sa farouche indépendance vis-à-vis de la ligne officielle de son parti,  Nathalie Kosciocko-Morizet ne décolle pas vraiment dans les sondages (moins de 5 % d’intentions de vote selon un des derniers sondages). Nadine Morano ne déchaînerait guère l’enthousiasme non plus. Michèle Alliot-Marie pourrait être également candidate mais semble avoir, à l’heure actuelle, un peu disparue des radars.

A gauche, si d’aucuns appellent à une candidature de Martine Aubry en cas d’une primaire, pour l’heure, aucune figure féminine se détacherait comme futur grand leader de parti. Chez les écologistes, difficile de voir en Cécile Duflot ou dans une Barbara Pompili (secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité) une future présidentiable.

Le monde de l’entreprise bouge

Pour finir sur une note plus positive, c’est du monde de l’entreprise
que des signaux encourageants sont émis. 2016 aura ainsi vu arriver deux femmes à la tête d’entreprises du CAC 40 : le 21 mars, en remplaçant Alstom dans l’indice CAC 40, Sodexo a vu sa présidente Sophie Bellon devenir la première femme à diriger un groupe du CAC 40. Peu de temps plus tard, en mai, c’est au tour d’Isabelle Kocher d’être nommée à la direction d’Engie.

Sophie Bellon, DG Sodexo

Rappelons également, dans un autre registre, la nomination en août 2015 de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions, devenant ainsi la première femme à la tête du groupe audiovisuel public.

Une élection d’Hillary Clinton à la tête des Etats-Unis serait une message très fort envoyé au reste du monde, « nous entrerions alors dans une époque où toute une génération de filles grandira en voyant des femmes fortes occupant des postes de pouvoir, non seulement au Royaume-Uni, mais partout dans le monde » (Justine Greening, ministre britannique du développement international).

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