Les propositions qui pourraient figurer dans la prochaine loi Mobilités

Cet article a été rédigé en partenariat avec Transdev.
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Ces trois derniers mois ont été marqués par la tenue des Assises de la mobilité, une grande concertation plaçant au cœur des débats les mobilités du quotidien. Plus de 400 réunions, 600 spécialistes réunis, 2.500 propositions, 25.000 votes qui alimenteront la future loi sur le sujet prévue en avril 2018. Parmi les thématiques fortes abordées, celle de la mobilité en zone peu dense (espaces ruraux et périurbains) a été longuement évoquée.

Du 19 septembre au 13 décembre, le gouvernement a animé une grande concertation publique sur les transports. C’était une première pour Valérie Lacroute, députée de Seine-et-Marne qui a présidé le groupe « Pour une mobilité plus intermodale », une thématique transversale qui s’attache aussi bien aux voyageurs qu’aux marchandises. Malgré un temps très court par rapport au sujet, la députée LR se montre satisfaite de l’immense travail accompli. Ces travaux ont permis de pointer les problèmes liés aux déserts de mobilité en milieu rural ainsi que la disparité forte qui existe en termes d’offre de transport en France : « Des territoires ont des offres de transport très développées tandis que les zones les plus rurales sont moins bien loties.  »
Un constat partagé par Thierry Mallet, PDG de l’opérateur de transport Transdev, qui déclare, dans une interview au journal Le Monde, qu’il est « temps d’en finir avec les déserts de mobilité ! Pour de nombreuses personnes, il est extrêmement complexe de se déplacer. Un quart des Français estiment avoir des difficultés à rejoindre leur lieu de travail, selon une étude du Commissariat général au développement durable de 2010. » Un problème qui a de véritables conséquences sur le quotidien de nos concitoyens. « Ne pas pouvoir sortir aisément de son lieu de résidence limite drastiquement la qualité de vie : trouver un emploi, éduquer les enfants, se divertir, se cultiver, se soigner… »

Photo de groupe des Assises de la mobilité

La question très sensible de la gouvernance

Pour Valérie Lacroute, une meilleure gouvernance des transports permettrait d’améliorer la situation : « le groupe de travail que j’ai présidé a dégagé de nombreux consensus, mentionnant notamment que la Région pourrait être le chef de file de la mobilité puisqu’elle couvre aussi bien les zones urbaines que les zones plus rurales. ». Aujourd’hui, la compétence Transport est répartie de la sorte : aux départements la voirie et les infrastructures routières, aux régions les transports ferroviaires, interurbains et scolaires alors que l’intercommunalité a acquis la compétence mobilité avec la loi MAPTAM en devenant l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM). Comme le souligne Valérie Lacroute, « dans un certain nombre de territoires ruraux, ni le ferroviaire, ni même le transport en commun par carte ne peut répondre aux besoins de mobilités des habitants où on a une faible densité de population. On sait qu’en zone urbaine, ce sont les métropoles qui ont fait les choses les plus intéressantes. Une seule autorité permettrait de traiter des territoires où il y a très peu de transports. »
De son côté, Thierry Mallet met en avant les liens à renforcer entre les pouvoirs publics, les entreprises et les associations : « les collectivités territoriales, avec le concours des opérateurs de transport, doivent pouvoir expérimenter et inventer l’urbanisme et les dispositifs offrant un maillage complet et efficace du territoire en transport public. » Car « la mobilité de demain sera souvent le fruit d’une collaboration entre plusieurs types d’acteurs, depuis les pouvoirs publics jusqu’aux entreprises, PME ou start-up, et aux associations. Les modèles économiques et industriels qui en découlent restent en grande partie à inventer. 

L’intermodalité, la solution en zone rurale

La voiture semble être un horizon indépassable pour les zones rurales et périurbaines. Pourtant, en complément de la promotion du covoiturage et de l’autopartage, un moyen existe pour diminuer son recours : c’est l’intermodalité. Pour Thierry Mallet, cette intermodalité est possible en milieu rural « grâce à un bouquet de solutions complémentaires, capable d’assurer la desserte du premier et du dernier kilomètre. Il pourra s’agir d’autocars, de covoiturage, de vélo électrique, mais aussi de marche, grâce à une complémentarité des transports publics et privés. Certaines solutions existent déjà. Il faut les valoriser et les amplifier ! »
Pour parfaire ce système d’intermodalité, Valérie Lacroute propose de repenser la tarification multimodale : « Il faut essayer d’avoir pour chaque région de France un support billettique unique, avec lequel on peut acheter aussi bien du covoiturage, des tickets de métro, de pouvoir garer sa voiture dans un parking… Il faut permettre à tous ces territoires ruraux d’avoir un seul et unique support billettique afin d’utiliser tous types de transports du monde urbain pour mieux les adapter au monde rural. Et peut-être aussi instaurer des incitations fiscales, pour les gens qui vivent dans les territoires ruraux. Il faut les inciter à partager leur voiture, à faire du covoiturage, de l’autopartage, en leur offrant une réduction d’impôts ou en leur permettant de déclarer leurs frais kilométriques 

Un schéma représentant l'intermodalitéUn téléphone portable

Le numérique, un outil essentiel sur lequel s’appuyer

Cette pratique de l’intermodalité et du covoiturage doit être accompagnée par le numérique. Valérie Lacroute en est convaincue : « Il faut croiser tous ces modes innovants, celui du transport à la demande et le covoiturage, et les mixer avec tous les outils numériques d’une même plateforme pour permettre à des administrés, soit de pouvoir covoiturer, soit de pouvoir partager sa voiture. Il faut donc demander à tous ces acteurs, autant les opérateurs de transport que les voyageurs classiques qui le font déjà, d’ouvrir leurs données. »
Un point de vue que partage le PDG de Transdev : « Les applications numériques qui donnent accès en temps réel à l’offre et permettent de composer son voyage commencent à devenir une réalité. Des systèmes d’information multimodale (SIM) ont été mis en place à l’initiative des collectivités territoriales, comme c’est le cas aujourd’hui sur le territoire élargi de Saint-Etienne. »
Les pistes de travail des Assises explorées à partir des besoins réels des citoyens sont autant de contenus qui serviront de socle à la future loi d’orientation sur les mobilités qui sera présentée au Parlement le mois prochain.

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