Aquitaine : l’habitat participatif et intergénérationnel va voir le jour

Dans moins d’un an, en mars 2019, un nouveau type d’habitat, porté sur le vivre-ensemble et l’intergénérationnel, va voir le jour dans la commune de La Réole, en Gironde. Logements sociaux crées avec la participation des futurs locataires, la Fabrikàtoits devrait apporter une nouvelle vision du logement.

Un projet porté par la ville et ses habitants

Il est faux de croire que seules les grandes villes ont le monopole des réaménagements urbains innovants. La Fabrikàtoits, projet ambitieux de construction de logements sociaux novateurs à La Réole, en est la preuve. Cette commune girondine de 4.100 habitants devrait accueillir en mars 2019, 11 nouveaux logements en centre-ville. Le projet est inclus dans le programme « La Réole 2020 » qui a donné lieu à une convention signée avec l’État, l’agence nationale de l’habitat (ANAH), le conseil régional et le conseil départemental.

La Fabrikàtoits, lauréat de l’Appel à manifestation d’intérêt lancé en 2014 par le Gouvernement, a pour objectif de revitaliser le centre-bourg mais s’inscrit aussi dans une démarche ambitieuse : vecteur de vivre ensemble, les nouveaux logements devront créer du lien entre les habitants avec de nombreuses parties communes, notamment dans une logique intergénérationnelle, tout en répondant à des critères écologiques et sociaux.

Un nouveau type de logement pour revitaliser le centre-bourg

Depuis quelques temps, La Réole, au même titre que de nombreuses communes françaises connaît une perte d’attractivité de son centre-ville, qui compte désormais 18% de logements vacants, des logements insalubres et des locaux commerciaux désertés. La revitalisation du centre-bourg est devenue l’une des priorités de l’équipe municipale pour ce mandat.

Mais l’idée de ces nouveaux logements communs, à l’origine, vient de simples citoyennes ; des femmes retraitées, désireuses de s’investir dans la ville et de promouvoir un habitat participatif au cœur de la commune. Le projet a séduit le maire Bruno Marty, qui a réussi à convaincre le bailleur social, Gironde Habitat, de mener à bien sa construction.

En mars 2019, ce sont donc 11 logements qui vont être inaugurés. Ils posséderont 130 m² d’espaces communs : buanderie, cuisine, salle partagée, etc. Une impasse de la commune va être convertie en rue pour ouvrir la résidence sur le centre-ville. Mais les façades et les remparts historiques seront conservés.

Une conception qui fait directement intervenir les futurs habitants

L’office public de l’habitat (OPH) du département, Gironde Habitat a su accorder une grande part d’initiative aux futurs locataires. Johanna Dominé, chargée d’études à l’OPH, le confirme dans la vidéo de présentation de Fabrikàtoits : « Habituellement, on part du logement, toute la conception technique et après on le propose aux locataires. Tandis que là, on va partir des futurs habitants, monter le projet avec eux et réaliser un projet sur-mesure. »

Une démarche participative qui, contrairement à ce qu’aurait pu craindre Gironde Habitat, n’a pas dû faire face à des demandes irréalisables de la part des futurs locataires : « Sur les logements, on se rend compte que les habitants n’ont pas tellement de demandes originales ou exubérantes. On est déjà sur des logements qui répondent à leur demande. C’est plutôt dans la façon de vivre ensemble et le partage des espaces communs où là, on est sur un mode d’habitat différent. »

Un nouvel espace de vivre-ensemble

C’est l’un des points centraux du projet : les nouveaux logements doivent être co-construits avec la participation des futurs habitants, qui ont un regard sur sa conception. Ils devront aboutir à un habitat partagé. Nicole Boussinot, future locataire exprimait ses grandes attentes concernant la mutualisation des espaces communs dans la même vidéo : « C’est un projet que j’ai depuis très longtemps parce que je crains la solitude et je me retrouve seule, donc j’avais envie de vivre avec les autres. » Mais bien que le projet soit le fruit de femmes retraitées pour qui la vie seule est de plus en plus difficile, les logements à venir accueilleront une population de tout âge, intéressée par le projet pour d’autres raisons. Pour Soledad Mazouz, elle-aussi future habitante, ce qui lui a plu, « c’était plus partager avec les autres. Cette entraide qu’on peut avoir pour les autres ». Sans oublier l’aspect financier du projet : « c’est un projet qui est porté par Gironde Habitat, qui fait du logement social ».

Cette volonté de créer un habitat collectif tranche radicalement avec l’aspiration de la plupart des Français qui privilégie le modèle de la maison individuelle. Mais pour Nicole Boussinot, il n’y a pas d’inquiétude à avoir et nos habitudes devraient changer : « Dans d’autres pays, ça se fait déjà. Ça marche très bien. Nous, on a pas tout à fait cet esprit mais je pense qu’on peut y venir, qu’on y viendra. »

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