Vie d’élu.e : les conseils d’une maman, élue, suppléante, travailleuse et engagée

Pascale est adjointe au maire, maman de 4 enfants, engagée dans le monde associatif, suppléante d’un.e député.e et a également un emploi. Cette quintuple vie nécessite une organisation de tous les instants. Nous avons échanger avec cette superwoman du quotidien qui nous livre ses trucs et astuces pour tout mener de front.

Des outils simples mais efficaces

Avoir une vie aussi bien remplie nécessite des aménagements. Personne n’en doute mais Pascale l’exprime. « J’ai effectivement dû apprendre à m’organiser, pour me libérer de la charge mentale ». Consciente des risques de dérives d’un glissement de toutes ses activités vers une charge de travail puis une fatigue constante, l’élue d’un village de 1500 habitants a vite trouvé des moyens de soulager son quotidien.

Un cahier, une to do list, les anciens outils restent des valeurs sûres. « J’utilise un cahier de 48 pages que j’emmène partout et sur lequel je note ma TO DO LIST, avec les numéros de téléphone pour les rendez-vous médicaux, les personnes à appeler etc … je peux ainsi noter les réponses, assurer le suivi des échanges, revenir en arrière et voir ce que je n’ai pas traité. C’est super efficace. »

Effectivement, rien de plus pratique qu’un outil qui permet de retracer les différents échanges sans pour autant devoir se replonger à travers de multiples supports : des carnets, des fichiers, des post-it… Le conseil de Pascale : tout réunir dans un seul et même lieu. « L’agenda est précieux, si je le perds je suis perdue (rires) »

Des moments pour soi

De façon « plus classique » comme le dit Pascale, mais pourtant primordiale, l’élue se prévoit des plages de « rien » – comme elle les appelle – à l’agenda. « J’essaye de me limiter à seulement 2 ou 3 réunions par semaine, et les soirs qui restent ne sont pas « libres » mais « consacrés à ma famille » ou à moi… Je n’hésite pas alors à dire que je ne suis pas disponible. » Une nuance qui peut faire sourire mais qui est, elle aussi, indispensable. L’engagement passe auprès de ses proches également par les mots, c’est avec un vocabulaire clair que l’élue est en phase avec elle-même.

Nous ne le dirons jamais assez, mais le temps pour soi est capital dans un mandat. Le syndrome de « la bonne élève » que beaucoup partagent fait souvent s’oublier au profit du mandat, du travail, des engagements associatifs… Ces oublis sont pourtant dangereux : les temps qui vous sont consacrés sont des bulles d’évasion indispensables, pour vous et vos proches.

Une organisation dans le temps

C’est grâce à des engagements pris dès le plus jeune âge que Pascale a pu mettre en place, petit à petit, des outils adaptés. « Je suis engagée depuis petite, j’ai été déléguée de classe, j’ai fondé une association pour une école, je me suis toujours impliquée pour les milieux dans lesquels je gravitais. Depuis longtemps, j’ai dû apprendre à associer ma vie professionnelle et ma vie personnelle. »

Au fur et à mesure, Pascale a utilisé des moyens adaptés à ses différents moments de vie. « Plus on est jeune, plus on a d’énergie et c’est alors plus facile. Depuis que je vieillis, tout cela me coûte plus qu’avant. » Alors, et comme à son habitude, Pascale s’est adaptée.
Un autre de ses conseils : s’avoir s’entourer. « Je me rappelle courir dans les couloirs de la faculté et mettre des petites annonces pour trouver des babysitters, des jeunes filles ou jeunes homme au pair ». Si les solutions ne proviennent pas directement de vous, votre capacité à inventer, innover, vous approprier les possibilités de votre environnement vous permettront d’être plus à l’aise dans cette triple vie.

En 3 conseils…

Pour Pascale, quelques clés sont indispensables pour mener à bien sa triple vie :

  • Maîtriser son agenda. « Par exemple se bloquer 2 à 3 soirs par semaine pendant lesquels on ne fait rien, on reste chez soi pour les autres et soi-même ». Le matérialiser physiquement sur son agenda permet de se rappeler qu’il faut des moments pour soi, certains se mettent des alertes, d’autres l’écrivent, quelle que soit la façon, le tout est de s’y tenir – ce qui n’est pas toujours facile. Avec l’expérience, Pascale a appris à refuser des réunions pour se faire passer en premier.
  • Connaître sa priorité de vie. Pour Pascale, c’est la famille. Comme elle le dit, « ma famille, c’est ma colonne vertébrale, mon choix est naturellement positionné en fonction ». Accepter une fonction d’élue c’est s’engager, mais pour cela être clair avec soi-même permet de l’être avec ses proches, ses collègues, les autres bénévoles des associations…
  • Garder des liens sociaux qui font plaisir. « Je déjeune souvent avec des copines, dans mon agenda, ces moments s’adaptent parfaitement pour les déjeuners, c’est une respiration sympa qui m’aide dans le quotidien ». Comme le dit Pascale « rester en lien avec des amis, avoir du lien social, c’est important. »

Tous les conseils ne sont pas adaptés à tous les agendas, les personnalités ou les mandats mais des traits communs peuvent être appropriés par tous les élu.e.s. Parfois, il faut seulement se rappeler que le temps pour soi, les interactions sociales ou la clarté de son engagement sont des moyens d’aller plus loin et de mieux incarner son mandat. Maintenant, à vous de jouer ;)

Vous aussi, exprimez-vous !

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